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Expos BD y en a, mais oui...

Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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Pages : 1 - 2

Pierre, 25.06.2017 à 9:17365947
Pas une expo bd mais ce serait dommage de ne pas la signaler: Le monde selon Topor à la BNF jusqu'au 16 juillet.

lldm, 12.06.2017 à 13:13365825
Mr_Switch :
Oui, le système n'autorise les « mots » de plus de 60 caractères qu'au sein d'un balisage de lien. Tu as peut-être fait une petite coquille dans ton balisage.


aaah, non ; en fait, par paresse, j'avais pas balisé mais juste copié l'url dans le corps du texte, cette fois-ci

Mr_Switch, 12.06.2017 à 0:42365823
Oui, le système n'autorise les « mots » de plus de 60 caractères qu'au sein d'un balisage de lien. Tu as peut-être fait une petite coquille dans ton balisage.

lldm, 12.06.2017 à 0:28365822
Mr_Switch :
Je ne saurais le dire.


imdit que 60 caractères pour un mot, c'est pas raisonnable.

Mr_Switch, 12.06.2017 à 0:22365820
Je ne saurais le dire.

lldm, 12.06.2017 à 0:17365819
Mr_Switch :
Ceci, je suppose ?


ouiiii

pourquoi moi il veut pas me la copier, ma belle url ?

Mr_Switch, 11.06.2017 à 22:35365818
Ceci, je suppose ?

lldm, 11.06.2017 à 22:31365817
y'en a une à amiens
si quelqu'un peut la voir, je serais curieux de voir quelques photos de l'expo

(mais je peux pas copier l'url ici, bulledair refuse, du coup je met que l'entrée principale)

www.maisondelaculture-amiens.com

lanjingling, 13.05.2017 à 17:19365657
Heureusement que mangaverse est toujours bloqué en Chine, je ne peux pas voir la photo, cela m'évite une réminiscence qui aurait pu être traumatisante :)

Herbv, 13.05.2017 à 17:13365656
L'ours blanc est toujours là. On est allé au musée pour Safarix l'année dernière et je l'ai remarqué au poinr de demander à SugarYin de poser à ses côté :)



Je sais, il n'y a pas de quoi se vanter :)

lanjingling, 13.05.2017 à 16:50365655
NDZ :
Va faire un tour au musée de la chasse et de la Nature de Paris, tu seras servi... de la porcelaine, des trophées, des bocaux de formol avec des chauve-souris et des ours en peluche démembrés, des singes empaillés et des tableaux dans lesquels les animaux prennent le thé... On est en efffet parfois proche du Freak Show avec de tels cabinets de curiosité. Au Musée des beaux-arts ("beaux lézards" comme disent les enfants de l'école) de Rennes on a un truc du genre aussi.

Je connais. Gamin, je n'habitais pas trop loin, et y allais parfois. J'adorais les animaux, et leurs momies me fascinaient et me mettaient mal à l'aise. Je me souviens d'un ours blanc dressés sur ses pattes. Me souviens pas des porcelaines, cela n'était pas mon truc. Pas remis les pieds depuis au moins, houuuu. Je place mes perversions ailleurs, maintenant.

Mael, 13.05.2017 à 16:43365654
Ha bah oui c'est bien ce que rappelle l'article et c'était la logique de cette discussion je crois ^^ bref vive le musée de Glasgow !

lanjingling, 13.05.2017 à 16:09365653
Mael :
"de Galbert fait un choix provocateur[...] l’accrochage tient donc juste à des questions pratiques : faire rentrer le plus d’œuvres possibles sur le mur."

Provocateur selon nos normes normalisantes actuelles, parce qu'à l'époque de Diderot, c'était cette norme (non normée)

Mael, 13.05.2017 à 15:45365652
Même si c'est uniquement des œuvres d'art (présentées comme telles) j'avais bien aimé le concept de cette expo fameuse :

"Pour ce faire, de Galbert fait un choix provocateur et confie l’arrangement de sa collection sur les 278 mètres de mur à une formule mathématique, la méthode de Monte-Carlo, qui sert « à calculer une valeur numérique en utilisant des procédés aléatoires » (choix adapté pour un addict avoué : la méthode est ainsi nommée d’après les jeux de hasard pratiqués à Monte-Carlo).

Celle-ci ne prendra en compte que les dimensions des œuvres : ni leur thème, ni leur auteur, ni leur genre, ni leur valeur, réelle ou supposée. Au mépris des grands principes, l’accrochage tient donc juste à des questions pratiques : faire rentrer le plus d’œuvres possibles sur le mur.

Conséquence secondaire : il n’y a pas assez de place pour afficher des cartels, qui indiquent d’habitude le titre de l’œuvre, l’artiste, et le matériau. A la place, la Maison Rouge propose de télécharger une application (en scannant un code QR) pour accéder à une version numérique du mur. De là, on peut cliquer sur l’œuvre qui nous intéresse, et obtenir les informations la concernant."


D'ailleurs cet article commençait par rappeler qu'à l'origine les collectionneur était d'abord des accumulateurs de trucs beaux ou intéressant, sans chercher de logique, et parle des cabinets de curiosités.

NDZ, 13.05.2017 à 10:02365650
Va faire un tour au musée de la chasse et de la Nature de Paris, tu seras servi... de la porcelaine, des trophées, des bocaux de formol avec des chauve-souris et des ours en peluche démembrés, des singes empaillés et des tableaux dans lesquels les animaux prennent le thé... On est en efffet parfois proche du Freak Show avec de tels cabinets de curiosité. Au Musée des beaux-arts ("beaux lézards" comme disent les enfants de l'école) de Rennes on a un truc du genre aussi.

lanjingling, 13.05.2017 à 3:30365648
Mael :
En vacance en Ecosse je découvre que l'expo temporaire du fascinant musée de Glasgow (un bordel insondable sur deux étages où l'on trouve ici une salle sur l'histoire d'écosse, ici une salle peinture française, là des animaux empaillés à foison, un avion de la guerre 39-45, une reproduction d'environnement de jungle tropicale, une micro-salle sur un christ de Dali, un énorme orgue - concert tous les jours à 13h)

J'adore ce genre de vieux musées, héritiers des cabinets de curiosités de la Renaissance, dans lesquels on entassait tout ce que l'on trouvait beau, ou intéressant, ou bizarre. Il y a des salles dans le Kunsthistorisches Museum de Vienne (immortalisé par Mahler - et accessoirement par Thomas Bernhard) dans lesquelles les tableaux recouvrent des murs entiers au touche-à-touche.
Maintenant, les musées sont rationnellement et esthétiquement scénographiés. C'est un autre charme, on va dire.

Mael, 08.05.2017 à 16:36365624
En vacance en Ecosse je découvre que l'expo temporaire du fascinant musée de Glasgow (un bordel insondable sur deux étages où l'on trouve ici une salle sur l'histoire d'écosse, ici une salle peinture française, là des animaux empaillés à foison, un avion de la guerre 39-45, une reproduction d'environnement de jungle tropicale, une micro-salle sur un christ de Dali, un énorme orgue - concert tous les jours à 13h) est consacré à Frank Quitely, natif de la ville



En terme de scénographie rien de spécialement notable (des planches au murs, par séries), j'ai eu la surprise de voir que Quitely était l'auteur d'une partie de X-Men très connue que j'achetais en kiosque quand j'étais au collège, donc le rapport sentimental fonctionnait, les planches sont jolies mais ça n'a pas grand intérêt.

Par contre au début on trouve des planches originales de vieux strips écossais (inconnus au bataillons) qui étaient plutôt réjouissants, ainsi qu'une - je na'i pas trop compris pourquoi - belle illus originale de Clowes. Dans la section liée à Barman on trouvait d'autres beaux originaux : un hommage de Burns, une planche de Mazzuccheli, une de Neal Adams, une illus de Miller et un strip de Bob Kane. C'était de loin les pages les plus belles et intéressantes.

Ces quelques pièces justifient déjà le coup d'oeil, si on est dans le coin.

Glotz, 11.12.2016 à 21:20363771
En effet, les rares originaux étaient marqués « Collection privée ».

Pierre :
En un mot, tu veux dire: n'y allez pas ? Dans ce cas, merci pour ton sacrifice. Du coup je vais essayer à la place les expos Hergé et Walt Disney.

Si tu passes après 19h (avant les étudiants font la queue pour la bibli) vers Beaubourg et que tu as une demi-heure à tuer, tu peux aller te faire ton opinion, c'est gratuit.

NDZ, 11.12.2016 à 20:27363767
Où la Phaute d'Ortographe devient (presque) de la poésie... :)

NDZ, 11.12.2016 à 20:24363765
Les originaux sont dans des coffres ou sur des murs de mécènes d'entreprise qui défiscalisent jusqu'à 66%-90% en faisant payer la société (via l'état) mais qui se gardera de les lui montrer, à la société... EN beaucoup de mots... "plus les enchères iront haut, moins on en verra, d'originaux". En même tant, est-ce que l'air du temps est à l'originalité ou au décalque moisi et rance? Faites votre choix.

Pierre, 11.12.2016 à 20:19363764
Glotz :
L'expo Gaston à la BPI (Beaubourg, Paris) n'a pas beaucoup d'intérêt. Les thèmes habituels y sont développés, il y a peu d'originaux (une petite douzaine de planches et pages de croquis), et les vidéos diffusées sont anciennes.


En un mot, tu veux dire: n'y allez pas ? Dans ce cas, merci pour ton sacrifice. Du coup je vais essayer à la place les expos Hergé et Walt Disney.

Glotz, 11.12.2016 à 19:46363763
L'expo Gaston à la BPI (Beaubourg, Paris) n'a pas beaucoup d'intérêt. Les thèmes habituels y sont développés, il y a peu d'originaux (une petite douzaine de planches et pages de croquis), et les vidéos diffusées sont anciennes.

lldm, 03.12.2016 à 14:46363696
Pierre :
Les deux vieux raseurs médiatiques Schuiten & Peeters s'exposent au musée des arts et métiers: machines à dessiner.


Difficile de décrire le sentiment d'ennui qui accompagne la vision du film présenté sur cette page ; dessiner y a l'air d'être une activité bureaucratique plus asséchante et plus ingrate que le remplissage du formulaire 14b. Il faut cacher ce film, le tenir loin de la vue de tout enfant, de tout adolescent, dont ça pourrait bousiller la vocation plus certainement qu'une tarte dans la gueule.

Pierre, 07.11.2016 à 17:16363500
Les deux vieux raseurs médiatiques Schuiten & Peeters s'exposent au musée des arts et métiers: machines à dessiner.

Docteur C, 04.11.2016 à 9:29363477



Il ne vous reste plus qu'aujourd'hui et demain pour profiter de ce Mike Diana Tour à Toulouse et pour voir ses deux expositions-éclairs, l'exposition Comics aux Pavillons sauvages (35 avenue Jean Dagnaux), l'exposition Paintings à IPN (30 rue des Jumeaux), et la dernière rencontre avec Mike Diana a lieu ce soir à la Librairie Terres de Légendes pour sa participation au 3#6 chez The Hoochie Coochie - dont toutes les planches sont visibles dans l'exposition Comics.

Pierre, 26.10.2016 à 17:13363400
Exposition Charles Burns, à la galerie Martel, jusqu'au 3 décembre prochain.

Je me suis laissé dire que le vernissage y avait drainé son lot de hipsters et de gothiques ...

Allister Baudin, 01.10.2016 à 20:42363248
Pierre :
Je partage ce que tu dis dans ton dernier paragraphe (et j'ignorais cette déclaration de Goscinny, à relativiser quant on admet la qualité des bandes dessinées de Forest, la phrase serait plus pertinente si on remplaçait Barbarella par Druna), par contre que je me suis sans doute mal exprimé sur certains points, je vais essayer de préciser:

En fait, je me demande si la muséification est une tendance positive ou négative pour la reconnaissance de la bande dessinée ? Elle est toujours un phénomène institutionnel (que l'initiative soit privée ou publique) et en retard sur ce à quoi elle s'intéresse; elle est naturellement tournée vers le passé. Je serai curieux que lldm réponde à la question qui n'avait rien de malicieux un peu plus bas.

Une expo Gaston, c'est autre chose... Mais présenter Franquin au Grand Palais sous forme de rétrospective me gênerait car cela nuirait je crois à la crédibilité de la bande dessinée, et cela dit en dépit de toute l'admiration que j'ai pour son oeuvre. Son style est trop typé "comique gros nez" pour ne pas prêter le flanc aux sarcasmes des élites du monde de l'art.

Pour qu'un auteur soit légitime pour être exposé scientifiquement, au delà de sa simple valeur historico-culturelle, il faudrait qu'il soit un maître, au sens de "Personne qui a autorité ou fait autorité dans un domaine d'activité" autant que "Artiste, peintre ou sculpteur, qui dirigeait un atelier et formait des élèves travaillant sous son contrôle, parfois à la même oeuvre" ou que "Celui qui fait école; celui dont on est le disciple, dont on reçoit et reconnaît l'enseignement, la doctrine (en matière intellectuelle, artistique, morale); celui qui représente un modèle, un guide, un initiateur". Vu sous cet angle, Franquin répond à cette exigence, tant il a été reconnu par ses pairs et imité, mais dans ce cas, un Joseph Gillain davantage encore, tant il a été à l'initiative de cette école de Marcinelle.

Franquin est le créateur d'un univers séduisant et dynamique, tant par les personnages qu'il anime, l'esthétique qu'il développe, que les décors qu'il met en place avec minutie. C'est le génie de Franquin de mettre sa virtuosité graphique au service de sa vision; mais le maître témoigne aussi d'une maîtrise technique au-delà du pur graphisme c'est là où je n'ai pas été clair) et pour ce qui concerne la bande dessinée, ma remarque portait spécifiquement sur la matière du récit, la narration proprement dite, la composition, la mise en scène... La où je trouve Franquin pris en défaut. Pour ce qui regarde beaucoup de ses Spirou: récit improvisé au fil de la plume, à la construction bancale, parfois mal conclus, mise en scène peu inventive, disposition des personnages répétitive, maladresse de cadrage ou de découpage (le fameux chalutier à la proue coupée dans le Voyageur du Mésozoïque). Je le trouvais plus inventif à ses tous débuts, quand il était marqué par le cartoon. A cet égard, le Morris des années Dupuis (qui vient lui aussi du dessin animé), qui lui était contemporain, était un maître. Il suffit de feuilleter n'importe quel Lucky Luke, on y voit comment le dessin raconte, impose un sens de lecture, avec une fluidité et une grande économie de moyen qui force l'admiration. Il ne me semble pas anodin que cet auteur soit absent du bouquin de Peeters Case, planche, récit...

Sinon, la phrase ci-dessous me désole quant à ma capacité à communiquer tant elle me paraît éloignée de ce qui était mon propos !

Allister Baudin :

Je continue à ne pas être d'accord du tout avec ton analyse de Franquin (après ton éloge du Franquin tardif et l'idée étrange que le design de Gaston ne serait pas daté -bon j'exagère-), on pourrait faire un sujet Pierre VS Allister baudin sur Franquin mais on n'a pas le temps :).


J'y reviendrais peut-être sur le sujet adéquat si je trouve le temps et l'envie.


Ce que tu dis est intéressant et ça se défend, même si je ne partage pas forcément ton point de vue sur les réquisits pour qu'un auteur soit exposé (mais je ne peux pas t'opposer un début d'idée de ce qu'il faut pour qu'un artiste puisse légitimement être exposé, je n'en sais rien). De façon globale je n'ai plus trop de point de vue sur le rapport entre l'art et la muséification. Mais s'il faut que l'artiste soit exposé fasse autorité, alors comme tu le dis, Franquin répond à ce critère.
Par ailleurs, je ne suis pas d'accord avec ton jugement concernant la maladresse de son cadrage ou de son découpage, ni sur sa disposition des personnages (savoir quand il faut répéter une disposition et quand il ne faut pas fait partie de l'exercice de la bande dessinée, la variété peut parfois desservir l'efficacité d'une page, enfin, je trouve que Franquin maîtrise la répétition, on peut penser l'inverse). De toutes les façons ça n'a pas trop d'importance, on trouve tous les deux dans Franquin suffisamment de choses pour prendre plaisir à sa lecture, et visiblement on a un jugement parfois différent, tant mieux.

Pour la dernière phrase que tu cites, je te prie de bien vouloir m'excuser, je disais n'importe quoi en essayant de tordre ce que tu disais à l'extrême pour être drôle, j'aurais dû remplacer mon "bon j'exagère" par un "bon je dis n'importe quoi", ça aurait été plus explicite.

lanjingling, 01.10.2016 à 2:14363243
Pierre :
Mais présenter Franquin au Grand Palais sous forme de rétrospective me gênerait car cela nuirait je crois à la crédibilité de la bande dessinée, et cela dit en dépit de toute l'admiration que j'ai pour son oeuvre. Son style est trop typé "comique gros nez" pour ne pas prêter le flanc aux sarcasmes des élites du monde de l'art.

Je pense que tu ne voulais pas dire que les expos B.D. ne devraient présenter que des auteurs de tendance pompier, ou "réalistes ressemblants" (Bilal, Rozinski, Chéret..) pour quémander une hypothétique reconnaissance des mandarins de l'art, mais c'est un peu l'impression qui ressort de ce passage.
Et par ailleurs, pourquoi la B.D. devrait -elle se soumettre aux normes critiques externes ? Elle peut en utiliser des outils, mais le cinéma a développé ses propres outils critiques et sa propre muséographie (sous la forme des cinémathèques) (il est vrai que je ne sais pas si c'est grace à cela qu'il a obtenu cette fameuse reconnaissance -relative)

Pierre, 30.09.2016 à 18:31363242
Je partage ce que tu dis dans ton dernier paragraphe (et j'ignorais cette déclaration de Goscinny, à relativiser quant on admet la qualité des bandes dessinées de Forest, la phrase serait plus pertinente si on remplaçait Barbarella par Druna), par contre que je me suis sans doute mal exprimé sur certains points, je vais essayer de préciser:

En fait, je me demande si la muséification est une tendance positive ou négative pour la reconnaissance de la bande dessinée ? Elle est toujours un phénomène institutionnel (que l'initiative soit privée ou publique) et en retard sur ce à quoi elle s'intéresse; elle est naturellement tournée vers le passé. Je serai curieux que lldm réponde à la question qui n'avait rien de malicieux un peu plus bas.

Une expo Gaston, c'est autre chose... Mais présenter Franquin au Grand Palais sous forme de rétrospective me gênerait car cela nuirait je crois à la crédibilité de la bande dessinée, et cela dit en dépit de toute l'admiration que j'ai pour son oeuvre. Son style est trop typé "comique gros nez" pour ne pas prêter le flanc aux sarcasmes des élites du monde de l'art.

Pour qu'un auteur soit légitime pour être exposé scientifiquement, au delà de sa simple valeur historico-culturelle, il faudrait qu'il soit un maître, au sens de "Personne qui a autorité ou fait autorité dans un domaine d'activité" autant que "Artiste, peintre ou sculpteur, qui dirigeait un atelier et formait des élèves travaillant sous son contrôle, parfois à la même oeuvre" ou que "Celui qui fait école; celui dont on est le disciple, dont on reçoit et reconnaît l'enseignement, la doctrine (en matière intellectuelle, artistique, morale); celui qui représente un modèle, un guide, un initiateur". Vu sous cet angle, Franquin répond à cette exigence, tant il a été reconnu par ses pairs et imité, mais dans ce cas, un Joseph Gillain davantage encore, tant il a été à l'initiative de cette école de Marcinelle.

Franquin est le créateur d'un univers séduisant et dynamique, tant par les personnages qu'il anime, l'esthétique qu'il développe, que les décors qu'il met en place avec minutie. C'est le génie de Franquin de mettre sa virtuosité graphique au service de sa vision; mais le maître témoigne aussi d'une maîtrise technique au-delà du pur graphisme c'est là où je n'ai pas été clair) et pour ce qui concerne la bande dessinée, ma remarque portait spécifiquement sur la matière du récit, la narration proprement dite, la composition, la mise en scène... La où je trouve Franquin pris en défaut. Pour ce qui regarde beaucoup de ses Spirou: récit improvisé au fil de la plume, à la construction bancale, parfois mal conclus, mise en scène peu inventive, disposition des personnages répétitive, maladresse de cadrage ou de découpage (le fameux chalutier à la proue coupée dans le Voyageur du Mésozoïque). Je le trouvais plus inventif à ses tous débuts, quand il était marqué par le cartoon. A cet égard, le Morris des années Dupuis (qui vient lui aussi du dessin animé), qui lui était contemporain, était un maître. Il suffit de feuilleter n'importe quel Lucky Luke, on y voit comment le dessin raconte, impose un sens de lecture, avec une fluidité et une grande économie de moyen qui force l'admiration. Il ne me semble pas anodin que cet auteur soit absent du bouquin de Peeters Case, planche, récit...

Sinon, la phrase ci-dessous me désole quant à ma capacité à communiquer tant elle me paraît éloignée de ce qui était mon propos !

Allister Baudin :

Je continue à ne pas être d'accord du tout avec ton analyse de Franquin (après ton éloge du Franquin tardif et l'idée étrange que le design de Gaston ne serait pas daté -bon j'exagère-), on pourrait faire un sujet Pierre VS Allister baudin sur Franquin mais on n'a pas le temps :).


J'y reviendrais peut-être sur le sujet adéquat si je trouve le temps et l'envie.

Allister Baudin, 29.09.2016 à 11:42363230
Oui, des planches originales de Franquin ça vaut toujours le déplacement. C'est drôle, une des premières fois que je suis monté sur Paris, c'était pour en voir à l'expo de la Cité des sciences.

Cependant, je suis d'accord sur les limites de l'approche sérieuse : je crois qu'une bonne exposition doit à la fois montrer la démarche de l'auteur tout en continuant à s'adresser à son lectorat de prédilection. Et pour Franquin (ou Hergé), on est dans le cas d'oeuvres principalement pour enfants. Mais ça ne m'a pas l'air contradictoire avec une démarche sérieuse. Je suis sûr que j'aurais adoré l'exposition Astérix à la BNF si je l'avais vu à l'âge de 10 ans, et pourtant niveau planches originales et explications elle faisait le boulot. Un bon équilibre (il y avait aussi des jeux pour enfants pendant l'exposition, et c'était bien). Étrangement, j'ai trouvé que l'article de Pasamonik sur l'expo Tintin au grand Palais semblait formuler des critiques assez justes, et il me semble que le fait que l'exposition ne s'adresse pas assez aux enfants est une des critiques pertinentes. Concernant cet équilibre, je me souviens de l'expo Gotlib au Mahj. L'expo était bien faite mais à la toute fin, y'avait un petit espace ludique pour enfants, genre "complète un dessin de Gotlib". Bon, ben là, ça faisait tache. Les dessins étaient publiés sur le site du musée après (mon dessin contenait trop de cacas et de zizis alors il a pas été publié :'().

Je continue à ne pas être d'accord du tout avec ton analyse de Franquin (après ton éloge du Franquin tardif et l'idée étrange que le design de Gaston ne serait pas daté -bon j'exagère-), on pourrait faire un sujet Pierre VS Allister baudin sur Franquin mais on n'a pas le temps :).
Défauts de maîtrise dans la technique : non, et sur plusieurs niveaux et de plusieurs points de vue. Si par "maîtrise dans la technique" tu veux dire que l'oeuvre de Franquin n'est pas homogène et uniforme, alors effectivement, il a toujours cherché à se renouveler. Mais "maitriser la technique" à mon sens c'est bien réussir à se renouveler et à faire évoluer son dessin, et non adopter un système figé.
Si tu veux parler d'anatomie ou de perspective, de design, ou de narration Franquin dans ces domaines est extraordinaire (sans parler de son encrage). Il a inventé une anatomie qui correspond aux mouvements qu'il voulait imprimer à ses personnages et qui est d'une audace incroyable et fonctionne parfaitement (on ne peut se contenter de copier l'anatomie réelle quand on travaille à ce niveau de caricature). De même, il a quasiment inventé une façon de faire de la perspective en améliorant avant tout le monde (Morris, Uderzo) les dessins en pieds issus des bandes comme celles de Segar, créant de la profondeur en mettant les points de fuite au niveau du sol pour représenter de façon lisible un maximum de choses en un minimum d'espace (et en réussissant à dessiner ses personnages dans une insaisissable et inouie mini-contre plongée -c'est surtout dans Modeste et Pompon ça, quelques fois dans Spirou, c'est plus relaché dans Gaston), question design il a beaucoup inventé, surement autant que Moebius, et sa narration est souvent efficace, réussissant encore une fois plein de trucs audacieux, surtout quand il s'agit d'aller à l'encontre du sens de lecture pour plus d'efficacité (un dessinateur hésitant et débutant se limiterait pour limiter la casse à faire se déplacer ses personnages de gauche droite).
Marquée par le contexte de sa production, c'est presque un argument en faveur d'une expo "sérieuse", l'explication du contexte de création des bandes dessinées pour enfants est souvent passionnant. Par ailleurs Franquin s'est libéré de ce contexte plus d'une fois (Idées Noires, Landernau, Trombonne illustré). Franquin s'est assez peu confronté à la censure (l'affaire des flingues dans Spirou ?) et a quasiment toujours signé ses oeuvres.
Pas libre et consciente d'elle-même...alors ça c'est difficile de l'affirmer ou de l'infirmer. Ses entretiens avec Numa Sadoul et le plus récent Franquin et les fanzines montrent bien un auteur conscient de l'intégralité de son oeuvre et des règles qui la régissait (regrettant parfois d'avoir illustré un scénario qui ne "collait" pas avec son univers, comme par exemple les scénario de Rosy). Qu'il ait décidé de garder le Marsupilami après avoir quitté Spirou, en ayant le projet d'en faire quelque chose à part montre bien qu'il tenait en haute estime ses propres créations, et qu'il excluait Spirou et Fantasio de son univers propre (Gaston-Marsupilami-Idées Noires - il semble plus ou moins rejeter le petit Noel (trop niais) et Modeste & Pompon (trop de scénaristes différents?)). Delporte notait qu'on pouvait comprendre que l'oeuvre de Franquin était achevée au moment où Franquin avait accepté de vendre le Marsupilami à des hommes d'affaires.

Je crois que même s'ils faisaient de la bande dessinée pour enfants et qu'ils dévalorisaient la plupart du temps leur travail, les auteurs franco-belge, et Franquin plus que les autres, avaient une très haute idée de l'effort et du sérieux que demandaient leur production. Il suffit de voir une des parties les plus obscures du travail de Franquin : ses conseils aux débutants. Chaque fois (et y'en a eu plein) qu'on lui demandait un conseil, il répondait (en gros ) : il faut être exigeant avec soi-même et ne pas se laisser aller à faire quelque chose de facile. Crumb disait la même chose quand il faisait un appel à contribution à Weirdo. Quant à la place de Franquin par rapport à la bd adulte, je ne crois pas que l'on puisse dire qu'il n'est qu'une étape en vue de celle-ci. Il a fait de la très bonne bd pour enfants, il a fait de la très bonne bd pour adulte, et il discute de Buzzelli et de Moebius avec Numa Sadoul sans se positionner comme inférieur par rapport à eux. Une phrase de Goscinny qui montre bien la façon dont les auteurs pour enfants se sentaient par rapport à l'émergence d'une bd "adulte" que j'aime bien : on demandait à Goscinny ce qu'il pensait de l'émergence d'une bd adulte à travers l'émergence de la bd érotique, comme Barbarella. Goscinny répond : " ces bd érotiques sont les vraies bd pour enfants, j'espère que les adultes ont autre chose à se mettre sous la dent".


Franquin au Grand Palais avec un comité scientifique, des exégèses, des petites notes de bas de page, et une scénographie qui parle aux enfants (comme à la Cité de la science), je suis à fond pour.

Pierre, 29.09.2016 à 10:22363228
Je ne suis pas un usager de cette bibliothèque que je ne fais qu'apercevoir, donc je te fais confiance. Toutefois on annonce des planches originales de Franquin, et rien que pour cela, ça mérite à mes yeux le déplacement.

Je me souviens d'une exposition sur la bd à la bibliothèque nationale, il y a presque quinze ans (2002 ou 2003 ?) qui m'avait fait une forte impression, pour son approche scientifique (ça avait même déclenché chez moi un regain d'intérêt pour la bande dessinée que je délaissais depuis quelques années au sortir de l'adolescence). Mais le cas de Franquin est intéressant car il pose la question des limites de l'approche sérieuse : si son oeuvre nous touche et que l'on reconnaît son génie (nous, gens de bulledair), elle est cependant pleine de défauts de maîtrise dans la technique, et elle est aussi profondément marquée par le contexte de sa production (fournir de la matière pour la presse enfantine), elle n'a pas été libre et consciente d'elle-même (contrairement à celle d'un Crumb, d'un Moebius, ou même d'un Hergé qui a su imposer une vision totale sinon totalitaire son univers). Alors, par exemple Franquin au Grand Palais, avec un comité scientifique et des exégèses, des petites notes de bas de page dans le catalogue, je trouverais ça gênant. Franquin ne pourrait s'insérer sérieusement que dans une réflexion sur l'élaboration de la bande dessinée adulte, dont il est une étape.

Allister Baudin, 29.09.2016 à 8:56363227
Pierre :
Allister Baudin :

A la bibliothèque du Centre Pompidou (bpi), pas au Centre Pompidou. Y'a déjà eu plein d'expo à la Bpi consacrées à la bd (Bretécher, Spiegelman, et d'autres je crois), mais c'est un espace très mineur du centre...c'est une zone vaguement ludique qui ne fait pas parti du Centre Pompidou, les expositions n'ont pas du tout le même statut que les expositions temporaires du centre et globalement ça correspond bien à cet art de rigolo sympas qu'est la bédé.

La BPI est bien partie prenante du Centre Georges Pompidou dont elle est associée, depuis l'origine du projet et dont elle partageait la même sorte d'utopie sur l'accès à la culture. Après sur la tonalité des expositions qui y sont organisées, je ne m'avancerai pas, n'ayant pas vu les expo que tu cites. Mais un art sérieux et antipathique, je doute que ce soit ce qui qualifierait le mieux l'art de Franquin !


La bpi est une horreur, n'importe quel étudiant qui a espéré y travailler dans le calme le sais. C'est la pire bibliothèque de Paris, bruyante et sale. Les expo bd que j'y ai vu étaient des trucs thématiques sans intéret., pas loin des controles des sacs et des fils d'attente pour demander les codes internet. Je n'ai pas vu l'expo Spiegelman. Mais je ne faisais que signaler que si on voulait se saisir de l'occasion de l'expo Hergé pour faire une sorte de bilan 'la bd au musée', alors le cas de la bpi est plutot un indicateur contraire, la bpi c'est à coté du musée, c'est pas le musée. Hum pour l'art de Franquin....evidemment que c'est rigolo et sympa ! Mais pour autant c'est fait avec serieux et c'est important dans l'histoire de la bd franco-belge, j'espere que la bpi n'adoptera pas que le point de vue du lecteur enfant sur son oeuvre et saura en prendre et en faire voir la mesure comme on est en droit de l'attendre.

Pierre, 29.09.2016 à 7:22363225
Allister Baudin :

A la bibliothèque du Centre Pompidou (bpi), pas au Centre Pompidou. Y'a déjà eu plein d'expo à la Bpi consacrées à la bd (Bretécher, Spiegelman, et d'autres je crois), mais c'est un espace très mineur du centre...c'est une zone vaguement ludique qui ne fait pas parti du Centre Pompidou, les expositions n'ont pas du tout le même statut que les expositions temporaires du centre et globalement ça correspond bien à cet art de rigolo sympas qu'est la bédé.


La BPI est bien partie prenante du Centre Georges Pompidou dont elle est associée, depuis l'origine du projet et dont elle partageait la même sorte d'utopie sur l'accès à la culture. Après sur la tonalité des expositions qui y sont organisées, je ne m'avancerai pas, n'ayant pas vu les expo que tu cites. Mais un art sérieux et antipathique, je doute que ce soit ce qui qualifierait le mieux l'art de Franquin !

Herbv, 28.09.2016 à 23:34363224
d'art DE rigolo, je voulais saisir au clavier...

Et c'est 24, pas 25, expos sur Paris et petite couronne. Celle consacrée à José Roosevelt était assez loin de Paris (Fosses), je n'aurai pas du la compter...

Herbv, 28.09.2016 à 23:26363223
Certes, certes, la BPI n'est pas tout à fait le C.N.A.C. Georges-Pompidou et les expositions y sont moins développées que dans les deux grandes galeries du 6ème étage. Mais de là à les traiter d'art rigolo... Ce n'était pas le cas de Spiegelman en tout cas (je n'en ai pas vu d'autre à la BPI).

Il y a eu aussi une expo Willem - Images (du dessin de presse plus que de la BD) en située dans la galerie Sud en 2006, donc organisée par le centre proprement dit.

Je me suis amusé à comptabiliser les expos liées plus ou moins étroitement à la BD que j'ai pu visiter sur Paris et la petite couronne entre 2004 et 2016, et j'en ai compté 25 ! Je n'ai pas pris en compte celles organisées dans le cadre du Pulp Festival (une dizaine en trois ans) ni dans les Yvelines.

Allister Baudin, 28.09.2016 à 22:34363222
Pierre :
en fin d'année c'est une exposition Gaston Lagaffe qu'on annonce au centre Georges Pompidou:.


A la bibliothèque du Centre Pompidou (bpi), pas au Centre Pompidou. Y'a déjà eu plein d'expo à la Bpi consacrées à la bd (Bretécher, Spiegelman, et d'autres je crois), mais c'est un espace très mineur du centre...c'est une zone vaguement ludique qui ne fait pas parti du Centre Pompidou, les expositions n'ont pas du tout le même statut que les expositions temporaires du centre et globalement ça correspond bien à cet art de rigolo sympas qu'est la bédé.

Herbv, 28.09.2016 à 22:27363221
Oui. Pour en rajouter une couche, sur Paris, il y a eu aussi Miyazaki-Mœbius à la Monnaie de Paris en 2004 (c'était surtout de l'illustration mais pas que), Le monde de Franquin à la Cité des Sciences et de l'industrie en 2005, Art Spiegelman, Co-Mix au Centre Pompidou en 2012, Sempé, un peu de Paris et d'ailleurs (ce n'était pas trop BD) à l'Hôtel de ville de Paris, aussi en 2012. Plus pointu, il y a eu aussi Winshluss. Un monde merveilleux aux Arts Décoratifs en 2013.

Et là, je ne parle que des expos que j'ai pu voir dans des grands lieux parisiens... (je vous fais grâce de tous les trucs plus ou moins exotiques liés à la BD dans des lieux plus ou moins fréquentés que j'ai pu faire, ou des expos que j'ai ratées). Donc, Hergé au Grand Palais me semble quelque chose de tout à fait normal et vraisemblablement très intéressant.

Pierre, 28.09.2016 à 17:45363217
Il y a déjà eu une rétrospective Moebius à la fondation Cartier, une rétrospective Crumb au musée d'art moderne de la ville de Paris. Aujourd'hui cette exposition consacrée à Hergé, et en fin d'année c'est une exposition Gaston Lagaffe qu'on annonce au centre Georges Pompidou: c'est un mouvement très lent, mais un mouvement de fond qui semble aller vers une véritable reconnaissance de la bd en tant que médium et art recevable.

Mais imaginons qu'on organise dans un grand musée une rétrospective consacrée à l'Association, n'y trouverait-on rien à redire (sur le modèle Indé = l'Asso. L'Asso = Indé) ? Notre niveau d'exigence augmente naturellement avec celui de cette reconnaissance.

Herbv, 27.09.2016 à 19:40363212
Pierre :
J'irai certainement visiter cette exposition, pour les mêmes raisons que je suis aller admirer Paul Klee ou Rembrandt, sans bouder mon plaisir.

Surtout que les expositions au Grand Palais sont souvent de qualité. Pour ma part, on a prévu d'aller voir l'expo, alors que la plupart des membres de notre petit groupe ne sont pas particulièrement fan de l'auteur et de son œuvre.

lldm, 27.09.2016 à 19:09363211
Pierre :
Je ne sais pas si c'est vraiment la vocation de l'institution de faire découvrir au grand public, les grands génies méconnus ?


replacer au centre des lieux communs ce qui y est déjà sera donc son rôle ? Le Grand Palais est moins grossier quand il s'agit de faire découvrir l'estampe japonaise et ne résume pas sa pratique, comme le premier article de télé z ou le premier auteur de bédé qui s'exotise, à Hokusai. Il fait une grosse expo sur l'Ukiyo-é. Faut croire que la bande dessinée ne mérite pas qu'on se casse le cul à savoir ce que ça produit comme monde.
Hergé... La seule expo du Grand Palais consacré à la bd et c'est Hergé ? Bon Dieu Pierre, j'ai même pas de mot pour signifier à quel point c'est pathétique. Hergé = BD. BD = Hergé. Ok. L'évidence, donc. On en est encore là, et on va pouvoir retourner au grand art, au vrai, après cette audacieuse petite récréation au pays merveilleux de la seule discipline humaine résumable à un seul de ses praticiens. Ma détestation éventuelle d'Hergé (en fait non, je me fous absolument de ses livres, je ne suis pas concerné par leur existence. Son dessin ne m'emmerde pas tellement plus que celui de quelques centaines d'autres, ses récits et sa façon de la conduire ne m'offensent pas plus que la totalité de la littérature enfantine dessinée ou pas, dont je n'ai pas de raison d'être le lecteur, tant qu'on ne me raconte pas comme on peut le faire racoleusement au Grand Palais qu'il serait le père de la bande dessinée européenne) n'a rien à voir avec mon agacement : Ce que je peux détester, oui, c'est l'étouffante présence de sa trentaine de foutus bouquins dans le paysage et leur place obsidionale. Quelle putain de paresse il aura fallu pour accoucher d'une telle expo au Grand Palais, bon sang ! Quelle vulgarité. Quelle lourdeur de boeuf... Quel mépris pour notre discipline de l'avoir une fois de plus exhibée sur son vieux tapis mité hergéen.

Pierre, 27.09.2016 à 18:06363210
lldm :
Pierre :
Une expo Hergé, au Grand Palais, tout de même.



formidable, quelle joie de découvrir un grand génie méconnu

j'imagine le travail formidable de recherche qu'il aura fallu pour rendre possible un tel programme, c'est fou, où ont-ils été chercher tout ça ?


Je ne sais pas si c'est vraiment la vocation de l'institution de faire découvrir au grand public, les grands génies méconnus ? Et il ne me semble pas étrange qu'elle cherche - l'institution - à célébrer les artistes et les courants qu'elle a légitimé auprès des élites intellectuelles et qui sont relayé par les médias auprès justement, du grand public. Certainement elle entend faire par-là un retour sur investissement et je comprends qu'on trouve lamentable cette posture. Mais bocarderait-on une exposition Paul Klee ou Rembrandt pour les mêmes raisons ?

Je comprends aussi qu'on n'éprouve une détestation pour Hergé et son oeuvre (ce qui est ton cas, je crois). Pour ma part j'apprécie énormément son travail, particulièrement son graphisme - au moins jusqu'aux Sept boules de cristal (après il est devenu proprement inexpressif, froid et vide) - et pour son sens de la narration et de la mise en scène (la séquence où Haddock sur la passerelle de l'aéroport de New Dehli loupe la marche est un chef d'oeuvre en quatre cases).

J'irai certainement visiter cette exposition, pour les mêmes raisons que je suis aller admirer Paul Klee ou Rembrandt, sans bouder mon plaisir.

lldm, 27.09.2016 à 16:56363209
Pierre :
Une expo Hergé, au Grand Palais, tout de même.



formidable, quelle joie de découvrir un grand génie méconnu

j'imagine le travail formidable de recherche qu'il aura fallu pour rendre possible un tel programme, c'est fou, où ont-ils été chercher tout ça ?

Pierre, 27.09.2016 à 14:17363208
Une expo Hergé, au Grand Palais, tout de même.

lanjingling, 09.07.2016 à 1:33362759
lldm :
Euh, ça n'a aucun rapport... On va faire carrément du hors cadre par rapport à Bulledair, mais que faire ? Faut bien répondre à ce qui me semble demander une réponse... Bon.
D'une part si, on peut effectivement dire des tas d'autres choses d'un antisémite que le fait qu'il est antisémite ; il suffit de lire Faye et Violaine, un grand classique du genre, pour développer des perceptions plus précises des différentes composantes historiques, des différents mouvements, dans les formes d'antisémitisme (sans parler de l'antijudaïsme, qui nous plongerait encore plus loin dans les détails); et on peut également dire des tas d'autres choses des amis des animaux que rapporter le seul fait qu'ils aiment les animaux : distinguer les anthropomorphismes d'un éthologue lorenzien de l'intérêt naturaliste d'un Favre, les mythes de l'âge d'or nazi sur fond de retour à la nature de la défense d'une idée de la nature des différents écologismes et les dérives antispécistes du gâtisme collectif pour les animaux domestiques qui n'empêche pas d'écraser les araignées, c'est dire quelque chose de plus de celui qui aime les animaux qu'il aime simplement les animaux. Il y a des tas de trucs à dire là-dessus, et rappeler ce qui lie la défense des bêtes à des courants idéologiques est tout sauf arbitraire.
D'autre part, je n'apprécie pas du tout les manoeuvres rhétoriques qui consistent à rabattre brutalement une formulation sur une autre pour le coup du dernier mot, qui n'est qu'une façon comme une autre de dire "ta gueule". Alors non, on ne tourne pas en rond.

Si, on tourne en rond, parce que, j'ignore si c'est un problème d'expression de ma part ou quoi, mais je veux dire la même chose que toi: quand quelqu'un dit "j'aime les animaux", si je ne sais pas d'où il vient ni d'où il parle (est-ce Hogarth, Fabre, Junger, Brigitte Bardot?) je ne peux rien en dire de plus, et pareil pour quelqu'un qui dit "Je n'aime pas les Juifs" (ou "Je n'ai rien contre les Juifs, mais...").
Problème d'expression de ma part, en fait, je n'aurais pas du écrire "les cas de figure cités sont tellement divers", mais simplement "les cas de figure sont tellement divers".

Mais je disais exactement cela dans mon premier message où je répondais à Pierre "il existe même plusieurs cas célèbres de réacs misanthropes qui préfèrent les animaux aux gens (Léautaud, Céline)(Il y a aussi plein de contre exemples, je ne pense pas que l'on puisse en tirer de conclusion)"


lldm :
lanjingling :
lldm :
je réponds précisément à ceci :

"Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité, ou de les mettre sur un unique socle idéologique."

il n'y a donc rien de hasardeux à les lier par quelque chose ici, sans sortir du sujet, puisque nous évoquions très précisément, outre la cause animale, l'antisémitisme.

On commence vraiment à tourner en rond, là.
J'exprimais juste que, tout comme "les qualités artistiques n'apportent pas d'autres garanties que les qualités artistiques", dans un cas comme dans l'autre, on ne peut a priori rien dire de plus d'un antisémite qu'il est antisémite, ou de quelqu'un qui aime les animaux qu'il aime les animaux, rien, ni commune sensibilité , ni commune idéologie.


ce n'est pas ce que tu dis, pourtant, il me semble. Ce que tu exprimes, c'est l'arbitraire, selon toi, qu'il y a à réunir ces gens (le passage Hitler, Céline, Camus, Jünger, etc.) dans un même paquet cadeau. C'est ce que signifie sans ambiguïté cette phrase, la tienne, que voici:
"Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité, ou de les mettre sur un unique socle idéologique."

Et c'est à ça que je répond, en précisant la nature de ce qui les réunit, c'est-à dire que j'exprime, de mon côté, qu'il n'y a rien d'arbitraire selon moi dans leur rendez-vous dans la même vague de pignoufs, que je ne vois rien de hasardeux à leur supposer une "sensibilité commune", chose à quoi je répondais précisément, sans tourner en rond, en usant à mon tour de façon ironique du mot "sensibilité". Ils sont liés, selmon moi, par leur fixette antijuive. C'est à ça que je répond, ce qui ne s'appelle pas tourner en rond.
Je ne tourne pas en rond quand je réponds à un point précis. Il y a peut-être quelque chose qui t'embarrasse à les voir liés, c'est un tout autre problème, et je peux l'entendre.
On ne peut pas faire comme si la défense des bêtes n'était pas au coeur des mythologies nazies ou des positions misanthropiques, a fortiori celles qui acoquinent leur détestation d'une part de l'humanité de leur défense d'une animalité fantasmée.

Ben oui, je sais tout cela, mais il y a des défenseurs des animaux dans tout le spectre politique, et aussi chez les apolitiques, et il y a aussi des misanthropes qui détestent les bêtes comme les gens.
Je ne vois pas bien ce que tu essaies de prouver (ni si tu veux prouver quelque chose, en fait).
Bon, c'est mon dernier message sur le sujet, parce que je ne vois pas ce que je pourrais en dire de plus (enfin, si, mais je ne veux pas m'étendre dans le cadre de bubulle, surtout que basiquement on est d'accord), et surtout, je pars en vacances, et je n'aurai internet que sporadiquement.

lldm, 08.07.2016 à 20:26362756
Pierre :

« Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des animaux. »

Non. Ce n'est pas Auschwitz qui commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : "ce sont seulement des animaux.", c'est l'abattage industriel et le mépris de la souffrance animale. Personne n'a écrit des lois raciales pour signifier qu'il était urgent de traquer la dernière vache sur terre et cramer cette espèce misérable jusqu'au dernier specimen.
Je ne vais pas vous faire l'offense de résumer ce qui fait Auschwitz, mais cette déclaration n'aide en rien la cause animale, et moins encore la compréhension d'Auschwitz. L'extermination des Juifs d'Europe, que personne ne bouffait et dont la force de travail était dispensable devant l'impératif premier de les liquider, est émaillée de textes testimoniaux qui montrent que les chiens des SS, dans les camps, avaient un sort autrement plus enviables que les Juifs. Patterson aurait pu être mieux inspiré quand il voulait évoquer l'intérêt d'Adorno pour les bêtes.

lldm, 08.07.2016 à 20:02362755
Euh, ça n'a aucun rapport... On va faire carrément du hors cadre par rapport à Bulledair, mais que faire ? Faut bien répondre à ce qui me semble demander une réponse... Bon.
D'une part si, on peut effectivement dire des tas d'autres choses d'un antisémite que le fait qu'il est antisémite ; il suffit de lire Faye et Violaine, un grand classique du genre, pour développer des perceptions plus précises des différentes composantes historiques, des différents mouvements, dans les formes d'antisémitisme (sans parler de l'antijudaïsme, qui nous plongerait encore plus loin dans les détails); et on peut également dire des tas d'autres choses des amis des animaux que rapporter le seul fait qu'ils aiment les animaux : distinguer les anthropomorphismes d'un éthologue lorenzien de l'intérêt naturaliste d'un Favre, les mythes de l'âge d'or nazi sur fond de retour à la nature de la défense d'une idée de la nature des différents écologismes et les dérives antispécistes du gâtisme collectif pour les animaux domestiques qui n'empêche pas d'écraser les araignées, c'est dire quelque chose de plus de celui qui aime les animaux qu'il aime simplement les animaux. Il y a des tas de trucs à dire là-dessus, et rappeler ce qui lie la défense des bêtes à des courants idéologiques est tout sauf arbitraire.
D'autre part, je n'apprécie pas du tout les manoeuvres rhétoriques qui consistent à rabattre brutalement une formulation sur une autre pour le coup du dernier mot, qui n'est qu'une façon comme une autre de dire "ta gueule". Alors non, on ne tourne pas en rond.

lanjingling :
lldm :
je réponds précisément à ceci :

"Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité, ou de les mettre sur un unique socle idéologique."

il n'y a donc rien de hasardeux à les lier par quelque chose ici, sans sortir du sujet, puisque nous évoquions très précisément, outre la cause animale, l'antisémitisme.

On commence vraiment à tourner en rond, là.
J'exprimais juste que, tout comme "les qualités artistiques n'apportent pas d'autres garanties que les qualités artistiques", dans un cas comme dans l'autre, on ne peut a priori rien dire de plus d'un antisémite qu'il est antisémite, ou de quelqu'un qui aime les animaux qu'il aime les animaux, rien, ni commune sensibilité , ni commune idéologie.


ce n'est pas ce que tu dis, pourtant, il me semble. Ce que tu exprimes, c'est l'arbitraire, selon toi, qu'il y a à réunir ces gens (le passage Hitler, Céline, Camus, Jünger, etc.) dans un même paquet cadeau. C'est ce que signifie sans ambiguïté cette phrase, la tienne, que voici:
"Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité, ou de les mettre sur un unique socle idéologique."

Et c'est à ça que je répond, en précisant la nature de ce qui les réunit, c'est-à dire que j'exprime, de mon côté, qu'il n'y a rien d'arbitraire selon moi dans leur rendez-vous dans la même vague de pignoufs, que je ne vois rien de hasardeux à leur supposer une "sensibilité commune", chose à quoi je répondais précisément, sans tourner en rond, en usant à mon tour de façon ironique du mot "sensibilité". Ils sont liés, selmon moi, par leur fixette antijuive. C'est à ça que je répond, ce qui ne s'appelle pas tourner en rond.
Je ne tourne pas en rond quand je réponds à un point précis. Il y a peut-être quelque chose qui t'embarrasse à les voir liés, c'est un tout autre problème, et je peux l'entendre.
On ne peut pas faire comme si la défense des bêtes n'était pas au coeur des mythologies nazies ou des positions misanthropiques, a fortiori celles qui acoquinent leur détestation d'une part de l'humanité de leur défense d'une animalité fantasmée.

lanjingling, 08.07.2016 à 18:12362752
lldm :
je réponds précisément à ceci :

"Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité, ou de les mettre sur un unique socle idéologique."

il n'y a donc rien de hasardeux à les lier par quelque chose ici, sans sortir du sujet, puisque nous évoquions très précisément, outre la cause animale, l'antisémitisme.

On commence vraiment à tourner en rond, là.
J'exprimais juste que, tout comme "les qualités artistiques n'apportent pas d'autres garanties que les qualités artistiques", dans un cas comme dans l'autre, on ne peut a priori rien dire de plus d'un antisémite qu'il est antisémite, ou de quelqu'un qui aime les animaux qu'il aime les animaux, rien, ni commune sensibilité , ni commune idéologie.

Pierre, 08.07.2016 à 17:42362751
lldm :
lanjingling :
lldm :
je ne sais pas si on peu considérer l'antisémitisme comme une sensibilité.

Moi non plus.
Mais je parlais de la sensibilité à la souffrance animale.


je réponds précisément à ceci :

"Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité, ou de les mettre sur un unique socle idéologique."

il n'y a donc rien de hasardeux à les lier par quelque chose ici, sans sortir du sujet, puisque nous évoquions très précisément, outre la cause animale, l'antisémitisme.


« Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des animaux. »

lldm, 08.07.2016 à 17:23362750
lanjingling :
lldm :
je ne sais pas si on peu considérer l'antisémitisme comme une sensibilité.

Moi non plus.
Mais je parlais de la sensibilité à la souffrance animale.


je réponds précisément à ceci :

"Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité, ou de les mettre sur un unique socle idéologique."

il n'y a donc rien de hasardeux à les lier par quelque chose ici, sans sortir du sujet, puisque nous évoquions très précisément, outre la cause animale, l'antisémitisme.

lanjingling, 08.07.2016 à 16:42362749
lldm :
je ne sais pas si on peu considérer l'antisémitisme comme une sensibilité.

Moi non plus.
Mais je parlais de la sensibilité à la souffrance animale.

lldm, 08.07.2016 à 12:38362743
lanjingling :
Pierre :
Tous les chiens vraiment ? Même Pif et le petit Pifou ?

lldm avait déjà signalé préférer Top à sa descendance .
Et je savais pouvoir compter sur lui pour apporter un point de vue radical sur le sujet :)
Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité,


je ne sais pas si on peu considérer l'antisémitisme comme une sensibilité. Mais elle leur est commune, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.

lanjingling :
Et en contrepied de l'extrème droite antisémite qui opposait le naturisme viril aux juifs dégénérés, efféminés et urbains, je citerai les dessins puissants de Burne Hogarth (c'est un pseudo en hommage à William, il s'appellait Spinoza Bernard Ginsburg et était juif)dans Tarzan, parangon du surhomme en harmonie avec la nature.


C'est le moment d'un message publicitaire bien placé


lldm, 08.07.2016 à 12:20362742
Pierre :
Caran d'Ache, je peine à le rattacher à cette catégorie: je l'imagine plutôt dans une posture à la fois militaire, aristocratique et dandy. Son propos et son traits ont quelque chose d'alerte et de joyeux et non de haineux et de rance comme ce peut être le cas dans les exemples précédents. Enfin bon, je vais m'arrêter ici, on va finir par croire je veux à tout prix lui trouver des qualités humaines dont il n'était peut être pas pourvu, comme pour me déculpabiliser du plaisir que me procure la lecture de ses planches ...


Tu sais, j'ai été un fervent lecteur de Céline (je ne lis plus de romans du tout, les siens sont donc partis avec les autres loin de mon horizon), et je crois qu'en matière de vieux crouton humain plein de puissance créatrice, on a déjà évoqué ensemble Chaval. En fait, je crois qu'il y en a légion, parce que les qualités artistiques n'apportent pas d'autres garanties que les qualités artistiques. On voudrait tous donner un peu de coeur à des salauds dont on a la faiblesse d'aimer les oeuvres faute de trouver le courage de les envoyer pourrir avec elles.
De la même manière que les qualités humaines ne conduisent pas plus aux bonnes oeuvres d'art (combien de crèmes d'hommes dont la compagnie est un miracle de chaque jour et les oeuvres du caca? Vivants ou morts, on ne manque pas d'exemple)

lanjingling, 08.07.2016 à 8:03362737
Pierre :
Tous les chiens vraiment ? Même Pif et le petit Pifou ?

lldm avait déjà signalé préférer Top à sa descendance .
Et je savais pouvoir compter sur lui pour apporter un point de vue radical sur le sujet :)
Je ne vais pas m'étendre dessus, mais les cas de figure cités sont tellement divers qu'il me semble hasardeux d'en tirer une commune sensibilité, ou de les mettre sur un unique socle idéologique.
Mais pour défendre un peu la cause animale bien malmenée par ses nauséabonds enthousiastes qui viennent d'être listés, je signalerai qu'à ma connaissance William Hogarth est le premier à avoir lié, en série de dessins (on est sur bulledair) cruauté envers les animaux et barbarie envers les humains dans ses gravures "The Four Stages of Cruelty" au XVIII siècle.
Et en contrepied de l'extrème droite antisémite qui opposait le naturisme viril aux juifs dégénérés, efféminés et urbains, je citerai les dessins puissants de Burne Hogarth (c'est un pseudo en hommage à William, il s'appellait Spinoza Bernard Ginsburg et était juif)dans Tarzan, parangon du surhomme en harmonie avec la nature.
Pierre :
mais bien que ne sachant que peu de chose sur la biographie de Caran d'Ache, je peine à le rattacher à cette catégorie: je l'imagine plutôt dans une posture à la fois militaire, aristocratique et dandy.

C'est l'idéal de Blotch que tu nous décris là
Pierre :
Son propos et son traits ont quelque chose d'alerte et de joyeux et non de haineux et de rance

Ha ben non, finalement, ce n'est pas Blotch.

Pierre, 08.07.2016 à 0:27362735
Tous les chiens vraiment ? Même Pif et le petit Pifou ? Merci en tout cas, c'est assez jouissif.

lldm :

effectivement, mais tu as bien compris que ce n'était pas à ça que je répondais.
Bon, ceci dit, il est de tradition chez les vieilles saloperies antisémites de tout pays (et je suppose que l'effrayante France de la fin du XIXe qui avait érigé l'antisémitisme au rang d'art politique entre Toussenel, Drumont et toute leur invraisemblable clique, n'échappe pas à cette règle) de louer les vertus de l'animal pour mieux s'adonner à leur misanthropie radicale - quoique tatillonnement sélective; ceci est toujours vrai, d'ailleurs, et semble pointiller l'histoire infatigable de la tourette antijuive, avec en vrac le chat Bébert de Céline, l'hommage à son chien de Renaud Camus, les clébards d'Hitler, les émanations animales des LePen, la ménagerie de Léautaud jusqu'aux éthologies de Jünger et aux films animaliers de Riefensthal. L'idée qu'il y ait un vice radical dans l'homme, subtantialisé dans le Juif est très régulièrement accompagné d'antiennes sur la noblesse ontologique de la bête.


On pourrait ajouter pour conclure cet inventaire, Brigitte Bardot et sa fondation de merde. Effectivement, il y a des traits communs flagrants chez tous ces vieux débris, mais bien que ne sachant que peu de chose sur la biographie de Caran d'Ache, je peine à le rattacher à cette catégorie: je l'imagine plutôt dans une posture à la fois militaire, aristocratique et dandy. Son propos et son traits ont quelque chose d'alerte et de joyeux et non de haineux et de rance comme ce peut être le cas dans les exemples précédents. Enfin bon, je vais m'arrêter ici, on va finir par croire je veux à tout prix lui trouver des qualités humaines dont il n'était peut être pas pourvu, comme pour me déculpabiliser du plaisir que me procure la lecture de ses planches ...

lldm, 07.07.2016 à 23:55362734


Pour le plaisir

lldm, 07.07.2016 à 21:45362731
Pierre :
Là pour le coup j'apprends quelque chose mais je ne vois qu'un rapport extrêmement lointain entre le nazisme et le milieu nationaliste et antisémite parisien dans lequel évoluait Caran d'Ache à la fin du XIXe siècle et au sein duquel j'imagine mal qu'on théorisait sur la condition animale (mais j'avoue mon ignorance sur ce sujet, je m'en remets au probable).


effectivement, mais tu as bien compris que ce n'était pas à ça que je répondais.
Bon, ceci dit, il est de tradition chez les vieilles saloperies antisémites de tout pays (et je suppose que l'effrayante France de la fin du XIXe qui avait érigé l'antisémitisme au rang d'art politique entre Toussenel, Drumont et toute leur invraisemblable clique, n'échappe pas à cette règle) de louer les vertus de l'animal pour mieux s'adonner à leur misanthropie radicale - quoique tatillonnement sélective; ceci est toujours vrai, d'ailleurs, et semble pointiller l'histoire infatigable de la tourette antijuive, avec en vrac le chat Bébert de Céline, l'hommage à son chien de Renaud Camus, les clébards d'Hitler, les émanations animales des LePen, la ménagerie de Léautaud jusqu'aux éthologies de Jünger et aux films animaliers de Riefensthal. L'idée qu'il y ait un vice radical dans l'homme, subtantialisé dans le Juif est très régulièrement accompagné d'antiennes sur la noblesse ontologique de la bête.

Pierre, 07.07.2016 à 20:40362729
Là pour le coup j'apprends quelque chose mais je ne vois qu'un rapport extrêmement lointain entre le nazisme et le milieu nationaliste et antisémite parisien dans lequel évoluait Caran d'Ache à la fin du XIXe siècle et au sein duquel j'imagine mal qu'on théorisait sur la condition animale (mais j'avoue mon ignorance sur ce sujet, je m'en remets au probable).

On ne m'ôtera pas de l'idée que, vu ce milieu, sa sensibilité a quelque chose d'atypique et qui interpelle le lecteur moderne (c'était l'objet de ma remarque initiale): en compulsant l'Album Caran d'Ache je trouve 3 planches qui montrent la chasse sous un jour négatif (dont deux mettent l'accent sur la dangerosité des armes à feu) et plus généralement dans son oeuvre je note le thème récurent de l'animal prenant l'homme en flagrant délit de stupidité.

lldm, 07.07.2016 à 19:55362727
Pierre :

Ah merci, j'ignorai tout à fait jusqu'à aujourd'hui que la chasse en tant qu'activité de loisir était associée dans l'inconscient collectif aux valeurs progressistes et humanistes, et moins encore que la défense de la nature et des animaux était une caractéristique propre aux réactionnaires et antisémites (de là le fameux parti progressiste Chasse, pêche, nature et traditions). Je me coucherai moins bête (à poils et à plumes) !


Outre le fait (malgré les tentatives régulières maladroites de le nier des vegans) que le Reich, à travers le Führer et son ministre de la propagande, vantait les mérites du végétarisme (chose assez banale pour avoir fait l'objet d'un album des Residents de ma jeunesse - "why hitler was a vegetarian", et encore confirmée par les déclarations récentes de la goûteuse d'Hitler), la protection de la nature, des bêtes, le naturisme d'un Ungewitter revitalisé pas Suren, sont des composantes historiques du nazisme qui y trouvait le socle de sa mythologie naturaliste et de son culte romantique de la nature et du corps. Galoper à poil avec des cerfs est un motif récurrent de la peinture et de la poésie Volkish.
Je renvoie à une note légale (par paresse je prend ça dans la Wikipedia, honte sur moi qui n'aie même pas le mouvement de monter fouiner dans ma bibliothèque. Me pardonnerez-vous un jour? Me le pardonnerai-je?) sur ce sujet:

« L'Allemagne nazie a promulgué d'importantes législations relatives aux droits des animaux et à la protection de la nature, avec notamment la loi sur l'abattage des animaux du 21 avril 1933, la loi fondamentale de protection des animaux du 24 novembre 1933 (avec les décrets d'application qui suivent, notamment le cinquième, daté du 11 août 1938 sur la protection des animaux qui concerne le statut de la Société fédérale pour la protection des animaux), la loi entravant la chasse datée du 19 juillet 1934 (Reichsjagdgesetz) et sur la protection de la nature du 1er juillet 1935 (Reichsnaturschutzgesetz). La protection de l'animal serait cohérente avec l'inspiration « völkisch et romantique » de l'idéologie nationale-socialiste1. Ces textes sont réédités en 1939, la préface indiquant : « Depuis l'accession au pouvoir du national-socialisme, la législation sur la protection des animaux s'est efforcée de mettre en pratique cette injonction de notre Führer ».

Bon, ça ne lie pas consubstantiellement — évidemment, Pierre, hein! — le rejet de la chasse au nazisme (le judaïsme est doctrinalement opposé à la chasse, par exemple, dans le refus de tout rique de prendre du plaisir à tuer), mais ça le délie des humanismes. Il y a mille raisons de haïr la chasse et de mépriser les chasseurs (c'est mon cas, et j'ai pourtant beaucoup de mal avec le nazisme. Je suis assez borné, à ce sujet...).
Bon, on peut donc axialement décider que la moitié de l'humanité n'est pas digne de vivre pour des raisons raciales et considérer que tuer des lapinous c'est très très mal. Merveilleuses doctrines ...

lanjingling, 07.07.2016 à 18:18362726
Heureusement que j'avais parlé d'exemples et de contre-exemples, et de l'impossibilité de conclure à une adéquation entre l'écologisme (ou une plus vague sensibilité à la nature ou aux animaux) et une quelconque tendance politique (et encore moins avec l'antisémitisme, si on veut rentrer dans les détails)

Pierre, 07.07.2016 à 17:42362725
lanjingling :
Pierre :
Ce qui me frappe depuis longtemps et s'est trouvé confirmé par cette exposition, c'est le point de vue de Caran d'Ache sur la chasse. Beaucoup de ces planches sur le sujet pourraient sembler "anti-chasse", ce qui bouscule quelque peu les idées reçues le concernant, eu égard à la famille auquel on l'associe (celle des réac antisémites). Il y exprime une sensibilité pour les animaux en général et un mépris pour le chasseur.

Je ne vois pas en quoi cela bouscule les idées reçues, il existe même plusieurs cas célèbres de réacs misanthropes qui préfèrent les animaux aux gens (Léautaud, Céline)(Il y a aussi plein de contre exemples, je ne pense pas que l'on puisse en tirer de conclusion)


Ah merci, j'ignorai tout à fait jusqu'à aujourd'hui que la chasse en tant qu'activité de loisir était associée dans l'inconscient collectif aux valeurs progressistes et humanistes, et moins encore que la défense de la nature et des animaux était une caractéristique propre aux réactionnaires et antisémites (de là le fameux parti progressiste Chasse, pêche, nature et traditions). Je me coucherai moins bête (à poils et à plumes) !

lanjingling, 07.07.2016 à 8:43362718
Pierre :
Ce qui me frappe depuis longtemps et s'est trouvé confirmé par cette exposition, c'est le point de vue de Caran d'Ache sur la chasse. Beaucoup de ces planches sur le sujet pourraient sembler "anti-chasse", ce qui bouscule quelque peu les idées reçues le concernant, eu égard à la famille auquel on l'associe (celle des réac antisémites). Il y exprime une sensibilité pour les animaux en général et un mépris pour le chasseur.

Je ne vois pas en quoi cela bouscule les idées reçues, il existe même plusieurs cas célèbres de réacs misanthropes qui préfèrent les animaux aux gens (Léautaud, Céline)(Il y a aussi plein de contre exemples, je ne pense pas que l'on puisse en tirer de conclusion)

Pierre, 07.07.2016 à 8:10362717
Herbv :
Oui, les grands esprits se rencontrent :)

Pour ma part, j'y suis allé avec quelques mangaversiens et un bubullien il y a une grosse semaine. L'exposition Safarix, même si elle présentent quelques planches originales intéressantes, est quand même petite, placée en fin de parcours de l'expo Safaris, cloîtrée dans deux malheureuses pièces.


Certainement il manque un travail de contextualisation (même si l'on comprend le rapprochement Hergé/Chaland, il eut mieux valu l’expliciter par un commentaire plus fouillé).

Ce qui me frappe depuis longtemps et s'est trouvé confirmé par cette exposition, c'est le point de vue de Caran d'Ache sur la chasse. Beaucoup de ces planches sur le sujet pourraient sembler "anti-chasse", ce qui bouscule quelque peu les idées reçues le concernant, eu égard à la famille auquel on l'associe (celle des réac antisémites). Il y exprime une sensibilité pour les animaux en général et un mépris pour le chasseur.

Une histoire sans parole que je ne retrouve nulle part m'avait frappé quand je l'avais lue (c'était dans un facicule du CNBD je crois), ce devait s'appeler "un chasseur trop sensible" ou quelque chose dans le genre. On y voyait un homme entraîné par un ami dans une partie de chasse faisant son premier carton sur un lapin. Après l'avoir atteint il en est tellement horrifié qu'il se porte au secours de sa victime, le recueille, le soigne et l'élève parmi ses enfants comme l'un des siens pour son plus grand bonheur. Je trouve ça formidablement drôle et touchant.

Herbv, 04.07.2016 à 21:04362677
Oui, les grands esprits se rencontrent :)

Pour ma part, j'y suis allé avec quelques mangaversiens et un bubullien il y a une grosse semaine. L'exposition Safarix, même si elle présentent quelques planches originales intéressantes, est quand même petite, placée en fin de parcours de l'expo Safaris, cloîtrée dans deux malheureuses pièces.

Xavier, 04.07.2016 à 16:43362676
Pierre :
Au musée de la chasse...

Tiens, d'ailleurs, ça me fait penser à...

Pierre, 04.07.2016 à 13:54362674
Au musé de la chasse, "l’exposition Safarix propose de faire le lien visuel entre chasse et bande dessinée, à travers une cinquantaine d’originaux remarquables, d’illustrations de couverture et d’albums en éditions originales. Une manière renouvelée et ludique de voir la chasse et l’histoire de sa représentation mais aussi d’envisager un art neuf dont la qualité muséologique est aujourd’hui établie."

L'occasion d'admirer un hors-texte original de Hergé représentant un redoutable homme-léopard s'apprêtant à fondre sur Tintin (ainsi qu'une planche originale de Freddy Lombard, du Caran d'Ache et plein d'autres choses encore).



lldm, 09.05.2016 à 0:55362226
Attation : le centre reprend ses horaires restreints jusqu'à la fin de l'expo, apprends-je (aux dépends de camarades qui s'y sont cassés le nez) : le week end seulement !

Plus que trois week end, donc, six pauvres jours, pour voir cette magnifique exposition....

lldm, 19.04.2016 à 1:11362093

BlexBolex, Bertoyas, Hagelberg, Largier, LeGlatin, L.L. de Mars, Matthey, Reumann, Varlez from L.L. de Mars on Vimeo.



parce que les horaires, comme je vous le disais, viennent de s'étendre à d'autres jours de la semaine (c'est désormais du mardi au dimanche et plus seulement le
week end) et parce qu'il faut continuer à ramener du monde (il reste plus d'un mois d'expo), j'ai fait un troisième film, montrant l'expo dans ses détails( https://vimeo.com/163326009 )


lldm, 17.04.2016 à 12:57362076
pour les gens qui sont dans le coin de Bazouges (pas loin de Fougères, de St Malo, d'Antrain, de Rennes) et qui souhaiteraient une visite guidée, je serai là-bas cette après-midi, vers 15h.

lldm, 11.04.2016 à 17:11362033
Mael :
Vu cet aprèm avec Glotz et Tony, qui ont particulièrement apprécié la librairie ;-)

Intéressant sommaire au début de l'expo et toutes les pièces sont intrigantes. De la peinture murale/sculpture/Tricot d'LL de Mars & Largier aux très surprenantes marionnettes géantes de Bertoyas en passant par les pages méconnaissables d'Hagelberg.

Ma triple préférence va cependant aux cadres de Blexbolex, qui montre avec pertinence une bande dessinée en relief ayant sens à être exposées, aux planches de Varlez, qui ne sont que de "simples accrochages" mais permettant d'en comprendre le travail subtil, toutes comme les pages du "978" de Matthey, virtuosité plastique qui ont certes tout leur sens en album 48CC mais ont une toute autre puissance dans leur matière brute.


Merci. La conception d'accrochages fut la chose la plus excitante dans cette expo. Content que ce sommaire plastique (que je pense améliorer d'expo en expo si celle-ci tourne et que je peux l'agrandir)remplisse bien sa fonction. Mais je n'ai pas été seul à travailler là-dessus: en dehors de son soin incroyable mis à réaliser et, la plupart du temps, à améliorer mes plans de montages, David Chevrier, l'homme qui tient ces galeries, a également fait preuve d'une belle imagination pour tout ça (c'est à lui qu'on doit l'idée de surélever sur des tablettes les rangées hostiles d'armes pour renforcer l'effet de proximité qu'impose la table de publication, et également la lumineuse mise en cadre des feuillets pliés de Matti pour le sommaire qui leur donne à la fois du volume et une qualité "cinétique").

lldm, 11.04.2016 à 17:04362032
Glotz :
Des pièces sont ou seront-elles en vente ? Je ne pense pas avoir les moyens, mais plusieurs donnaient envie.


Elles ne le sont pas sur place, mais oui, il y a toujours moyen de voir ça. Dis-moi en privé ce qui t'intéresse, et je te mettrai en contact avec les dessinateurs.

Je vais préparer un troisième film, qui présentera enfin de façon plus exhaustive les pièces, histoire de stimuler les plus éloignés à se déplacer pour découvrir tout ça.
Mais je ne doute pas que votre enthousiasme de visiteurs soit également contagieux. Merci.

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