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Alan Moore

Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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Pages : 1 - 2

Thierry, 19.08.2014 à 17:30356015
découverte à l'occasion de la réédition.
On y trouve des thèmes qui seront repris dans Watchmen et Supreme, mais pas encore pleinement arrivés à maturité. L'ensemble est assez réussi mais reste un cran en dessous des meilleures réussites du meilleur sosie de Raspoutine en activité dans le monde de la bande dessinée internationale.

Thierry, 31.03.2014 à 11:16354759
Une nouvelle aventure consacrée à Janni Nemo, qui prend cette fois d'assaut un Berlin métropolisé pour porter son fils à sa fille et son gendre. Cette nouvelle fournée des aventures de l'univers de la ligue se révèle plutôt décevante. Si le tome précédent, qui lorgnait vers Lovecraft, approfondissait la personnalité de Janni Nemo, ces Roses de berlin se contente d'une aventure somme toute classique, malgré quelques trouvailles. C'est ronronnant mais bien fait. Cela dit, Moore pourrait se dispenser de quelques pages en allemand sans traduction. Heureusement que Jesse Nevins fournit les traductions et quelques clés de compréhension sur son site.

Le PBE, 20.01.2014 à 10:19353921
Idée : Les anciens qui ne sont pas déjà atteinds d'Alzheimer se souviennent peut-être des Focus qui visaient à mettre en avant un album ou une série.
Comme il semble qu'Alan Moore ne soit pas si universellemnt connu qu'on pourrait le croire, je me dis qu'un 'Focus' consacré au Grand Prix de Bulledair 2014 ne serait pas inutile.
Donc si certains d'entre vous êtes intéressés et motivés pour rédiger quelque chose, allez-y. Vous êtes libres de l'angle d'attaque.
Attention: je ne veux pas recevoir 15 propositions: Les rédacteurs potentiels (à mon avis 3-4 maxi pour que cela reste gérable) s'identifient ici, vous prenez contact entre vous et vous vous organisez ensuite par bullemessage.
Puis vous m'envoyez le texte final, je trouverai quelques bullelégendes pour le comité de relecture et on mettra cela en ligne.

Le PBE, 20.01.2014 à 10:18353919
Alan Moore - Grand Prix de Bulledair 2014

Et tous les résultats de cette année ici:

ingweil, 30.05.2013 à 13:37351277
Au début, je me suis dit que c'était pas pour moi, je passais beaucoup de temps sur chaque case pour m'habituer au dessin, à la profusion de détails qui me faisaient perdre le fil. Et puis fianlement c'est vachement bien, on se laisse prendre au jeu des références (Godzilla, la mythologie scandinave...), les personnages sont bien fouillés. Addictif comme une (bonne) série américaine.
C'était mon premier Moore (bouh ! honte sur moi !), ça valait le coup d'essayer.

Matrok, 30.04.2013 à 20:04350983
crepp :
sinon quelqu'un a lu "la coiffe de naissance" avec Eddie Campbell au dessin ? Ca donne quoi ?
Lu en VO. Chef d'oeuvre.

crepp, 30.04.2013 à 18:40350982
sinon quelqu'un a lu "la coiffe de naissance" avec Eddie Campbell au dessin ? Ca donne quoi ?

Thierry, 29.04.2013 à 11:26350967
personne n'en a parlé mais le HS de la Ligue des gentlemen extraordinaires est srti le mois dernier: Nemo: Heart of Ice



Dans cet épisode isolé qui se situe entre les episodes 1 et 2 de Century, les auteurs mettent en scène une course poursuite entre Janni Nemo et une bande de chasseurs de primes "high-tech" sur la banquise
Mais il y a plus que cette simple poursuite, qui permet aux auteurs d'explorer de nouveaux horizons de la culture populaire du début du XXème siècle. Si l'ensemble peut paraître léger, il y a pourtant une vraie profondeur à cette histoire qui relate aussi la lutte qui continue d'opposer Janni à son père.
Une aventure trépidante, qui continue de rendre hommage à la culture pulp mais toujours avec une thématique plus riche en profondeur... de la belle ouvrage qui fait patienter en attendant le prochain grand cycle de la ligue.

et pour les références, un site de malades

Gantois, 03.04.2013 à 17:13350689




Par curiosité j’ai attaqué les premiers numéros de Before Watchmen (en français). Je ne m’attendais pas à grand-chose, je pensais que ce serait du comics premier degré empruntant les personnages de Watchmen pour combattre le mal.

Alors pas du tout, c’est vachement bien. Tout a fait dans l’esprit de Moore et Gibbons, les scénaristes reviennent sur les flash-backs de Watchmen en allant encore plus en détail dans la vie de chaque personnage, genre des extrait du roman du premier Hibou portraiturant chaque Minutemen, les relations mère/fille entre Sally et la jeune Laurie, ou encore comment le jeune hibou devint l’assistant du premier hibou et le remplaça.
Les graphismes différents ne sont pas toujours terribles, mais on s’en fout un peu.
Ce n’est donc pas de la récupération gratuite des personnages, ils ne sont pas dénaturés, on sent une vraie passion des auteurs pour Watchmen.

Deux numéros regroupant les histoires sont déjà sortis chez Urban Comics.

Thierry, 22.01.2013 à 11:11349245



Le monsieur au dessus, il me fait un peu peur, surtout s'il est un avatar de Raspoutine, amant de la reine russe.
Mais j'ai relu V for Vendetta, et je ne comprends pas comment un mec qui a pondu, entre autres, un scénario aussi diaboliquement intelligent pourrait ne pas être couronné par l'académie de ccacochymes et de jeunes parvenus bien engoncés dans leur charentaises. Même s'il se contrefout des honneurs et qu'il refusera sans doute de se joindre au grand barnum hivernal, merde, ce mec est un génie et a fait plus pour la reconnaissance de la bande dessinée comme média adulte, intelligent et ancré dans la réalité, même dans le pires délires fantastiques, que l'influence combinée d'une bonne moitié des grands prix.

Mr_Switch, 24.11.2012 à 22:24347735
Alan Moore makes his own movies.

Thierry, 05.11.2012 à 14:30347474
C'est la journée Guy Fawkes

jmmelo, 05.11.2012 à 13:14347472
En support au mouvement Occupy Wall Street Alan Moore sort un single.
En écoute sur Pitchfork

Thierry, 26.07.2012 à 9:51345749
tout ça pour ça ? Je l'ai peut-être lu un peu vite, mais alors que je m'attendais à un feu d'artifice, je me retrouve avec un dernier tome convenu et sans surprise. Rien de jubilatoire et un monde de 2009 bien terne. Pschiiiiiit

Thierry, 23.04.2012 à 10:58344341
D'un côté, il y a le talent de Moore, qui utilise toute sa science de l'écriture. Mais de l'autre, le Joker le dit lui-même, il ne s'agit que d'une simple démonstration. Et le scénario n'en est que plus démonstratif... un peu facile dans son déroulement, trop basique et la note de fin paraît tellement surréaliste... Moore fait du Batman sans faire du Batman, fait du Joker le centre de son intrigue mais en le déforçant étrangemment. Toute la genèse du personnage est tellement attendue et édifiante qu'on n'y croit pas un seul instant. Il y a bien cette pique du Joker qui explique s'être inventé plusieurs passé... le comique raté embarqué dans un mauvais coup existe-t-il ? Est-ce une vision fantasmé du Joker ? Si c'est une blague, pourquoi se limiter à une seule ? Je connais finalement peu Batman, mais je préfère la manière dont Christopher Nolan (sans doute inspiré d'un comic) fait énoncer au Joker plusieurs versions de son passé, ponctué du 'why so serious' glaçant.
Quelques trucs, du vernis, mais soit c'est un livre pour fans spécialistes et hermétique au simple péquin, soit cette blague mortelle est très surestimée.

Docteur C, 17.02.2012 à 17:37343011
Bicephale :
Docteur C :
la pensée de Moore est radicalement singulière, il m'apparaît quand même que personne n'aura jamais composé exactement comme lui.

Sans doute, personne n'aura exactement composé comme lui. Et je ne trouve rien à redire à ce que tu relates, avec justesse et précision, de la pensée de Moore (pensée qu'il peut être amusant de confronter à celle de Murray dans Le XIXème siècle à travers les âges, tant les deux se rejoignent sur l'idée d'une rupture historique au XIXème et de la stase mortifère qui en résulte, mais divergent au plus haut point sur le reste : pour Murray, Moore, magicien anarchiste croisant l'Ideaspace, serait sans doute l'archétype même du contemporain le plus égaré...)


Justesse, précision, non, pas vraiment, plutôt traits saillants grossièrement esquissés, avec des erreurs factuelles et des fautes d'accord.

Je vais quand même rappeler, parce que je n'ai pas pu complètement arrêter le mouvement de ma pensée au sujet de cet élément disons dialectique dans le travail de Moore, que cette dichotomie apollinien/dionysiaque, il l'emprunte au premier livre publié de Nietzsche, soit La Naissance de la tragédie (il serait trop court, trop bref, de dire que Nietzsche est strictement du côté du dionysiaque et que l'apollinien serait purement négatif). Non, mais apollinien et dionysiaque y sont moteurs de l'histoire des arts et de l'histoire des hommes, depuis l'antiquité grecque, et le motif de ce bref allongeail est que j'avais oublié comment Nietzsche condamne Euripide d'être le meurtrier de la tragédie grecque par son théâtre dont le dogme serait, toujours selon Nietzsche, « tout doit être raisonnable pour être beau ».

Et comme tout se lie dès lors qu'on tente de le lier (et que tout se délie lorsque l'on souhaite le délier), Bicéphale a entamé un très beau travail accompagné du théâtre d'Euripide, et me voilà donc forcé d'inviter les plus sensibles d'entre vous à la promotion-copinage omniprésente à éventuellement découvrir l'entame de ce travail dans ce collectif.

Je suis de la race des démons de l'auto-promotion.

Bicephale, 16.02.2012 à 14:54342999
Docteur C :
la pensée de Moore est radicalement singulière, il m'apparaît quand même que personne n'aura jamais composé exactement comme lui.

Sans doute, personne n'aura exactement composé comme lui. Et je ne trouve rien à redire à ce que tu relates, avec justesse et précision, de la pensée de Moore (pensée qu'il peut être amusant de confronter à celle de Murray dans Le XIXème siècle à travers les âges, tant les deux se rejoignent sur l'idée d'une rupture historique au XIXème et de la stase mortifère qui en résulte, mais divergent au plus haut point sur le reste : pour Murray, Moore, magicien anarchiste croisant l'Ideaspace, serait sans doute l'archétype même du contemporain le plus égaré...)

Je continuerai juste à considérer que la League Century n'offre pas le meilleur énoncé de la pensée de Moore, et qu’une contradiction interne menace le projet. Pour autant, et comme tu le démontres très bien, ce chapitre de la League gagne incontestablement à être lu en regard des œuvres qui précèdent.

Docteur C, 16.02.2012 à 11:26342997
Bicephale :

Docteur C :
le choix de s'intéresser au swinging London, au Rolling Stones etc. peut se discuter, il n'est pas forcément inopérant, s'il s'agit de le critiquer, de le critiquer comme appareil de contrôle de la population, au service d'une conspiration occulte au moins, habité par le "démon".

Ou bien le projet vise à une critique de cette époque, et c'est un échec puisque on n'y trouve rien qui n'ait déjà été énoncé cent fois au sujet de la "pop-culture" et, qui plus est, par la "pop-culture" elle-même. Ou bien le livre ne vise pas à la critique, il est juste l'évocation teintée de fantaisie mordante d'une époque pas si lointaine, et cette légèreté m'étouffe. Ou bien, il y a quelque chose que je rate...


Attention je vais dévoiler des éléments clefs de l'intrigue; et pour plusieurs livres à la fois!

Enfin je crois que Moore date la fin du merveilleux, de la magie, et des héros de cette magie, de ce mysticisme, du dionysiaque, précisément en 1899. L'orée du XXème siècle opère la contention apollinienne, ordonnée, du "dionysiaque", dans plus ou moins la seconde ère industrielle, c'est une des thèses fortes qui ressort de From Hell, thèse reprise dans la ligue (elle traversent notamment le Black Dossier).

C'est aussi une certaine forme de contention de la puissance du féminin (le meurtre des prostitués est symbolique; Victoria est la première reine apollinienne). Le féminin est dionysiaque, mais son dressage, sa contention, s'effectue dans le XXème siècle. Donc pour moi Moore condamne d'une certaine façon le XXème siècle. J'effleure ces questions, je devrais m'arrêter, développer, être plus précis, mais j'ai la flemme, envie quand même de ne pas y passer trop de temps.

Donc dans un parcours du XXème siècle, objet de la Ligue Century, on est dans la contention du merveilleux, et dans la contention de l'élément féminin, qui devient, disons, apollinien forcé. C'est ce qui se passe en 1910 avec la fille du Capitaine Nemo. C'est ce qui se passe en 1969 avec Mina, qui se fait doublement violer, manipuler, et par le mode de vie du swinging London (elle se fait doigter en plein trip au milieu du concert et finie hallucinant à l'HP), et par un élément mystique apollinien (le démon "Crowley").

Dire que cette vision, ces articulations là, répètent des critiques déjà opérées par la pop culture, non, pour moi la pensée de Moore est radicalement singulière, il m'apparaît quand même que personne n'aura jamais composé exactement comme lui.


Bicephale :

Docteur C :
le dessin d'O'Neill n'est pas du tout à son aise

Oui, c'est un peu triste. Je relisais il y a peu ces Nemesis. Dans les pages de Century, quelque chose de l'étrangeté de son dessin, de la dureté de son trait, a été maté, écrasé, réduit, apprivoisé. Décidément, Century, c'est pas la joie (en tout cas pour l'instant, le dernier volume nous dessillera peut-être les yeux). On peut toujours espérer d'autres volumes à venir plus engageants. Je reste un lecteur enthousiaste de Moore, malgré cet échec (après tout, ce n'est pas le premier).


Oui, c'est un échec esthétique patent, qui donc dessert ce qu'il compose, c'est dommage, je suis d'accord.

Bicephale, 15.02.2012 à 19:08342990
Docteur C :
C'est un peu court, disons, de reprocher à Alan Moore d'être dans cette Histoire de la "pop culture", puisque que c'est, quand même, son objet, dès le départ, avec la ligue. Recomposer les univers fictionnels populaires, pour leur faire énoncer autre chose.


"Recomposer les univers fictionnels populaires, pour leur faire énoncer autre chose", ce n'est pas le projet de la League, c'est le projet Moorien par excellence, depuis la base ou presque. Et Moore aura de plus eu l'opportunité de faire coïncider ce projet, éminemment personnel je n'en doute pas, avec les vilaines velléités du marché : DC Comics dans les années 80, tout heureux de "posséder" le rénovateur de joujoux usés, la poule aux œufs d'or. Moore aura relancé, à lui tout seul ou presque (et pas toujours très volontairement), l'industrie du comics pour un tour, voire plusieurs... (jusqu'à, aujourd'hui, les prolongements annoncés de Watchmen). Mais le problème est, en ce qui concerne la League Century, que Watchmen, From Hell, V for Vendetta, Promethea et d'autres encore (jusqu'au Neonomicon publié il y a peu, et ce malgré ses innombrables défauts), sont des travaux de recomposition autrement plus engageants que ce volume. Moore me semble y abaisser d'un cran, voire de plusieurs, l'intensité critique qui habite nombre de ses travaux, sans pour autant, non plus, faire de cette League une œuvre récréative comme peuvent l'être Supreme ou 1963 (non que ces récréations soient sans intérêt, loin s'en faut). Il y a un étrange entre-deux qui court dans ce volume, une charge douce-amère, quelque chose qui patine, qui hésite (comme dans le premier volume). On pourra se réjouir de cet équilibre fragile, de l'évocation d'affects subtils, du spleen qui habite ce monde et les protagonistes forcés de le traverser. Seulement, je ne peux m'empêcher d'y voir surtout les symptômes d'un projet entre deux eaux, qui ne sait pas sur quel pied danser, peine à se décider (et sans que cette indécision soit source d'inventions). Je tourne les pages avec ennui, et c'est mauvais signe.

Docteur C :
le choix de s'intéresser au swinging London, au Rolling Stones etc. peut se discuter, il n'est pas forcément inopérant, s'il s'agit de le critiquer, de le critiquer comme appareil de contrôle de la population, au service d'une conspiration occulte au moins, habité par le "démon".

Ou bien le projet vise à une critique de cette époque, et c'est un échec puisque on n'y trouve rien qui n'ait déjà été énoncé cent fois au sujet de la "pop-culture" et, qui plus est, par la "pop-culture" elle-même. Ou bien le livre ne vise pas à la critique, il est juste l'évocation teintée de fantaisie mordante d'une époque pas si lointaine, et cette légèreté m'étouffe. Ou bien, il y a quelque chose que je rate...

Docteur C :
le dessin d'O'Neill n'est pas du tout à son aise

Oui, c'est un peu triste. Je relisais il y a peu ces Nemesis. Dans les pages de Century, quelque chose de l'étrangeté de son dessin, de la dureté de son trait, a été maté, écrasé, réduit, apprivoisé. Décidément, Century, c'est pas la joie (en tout cas pour l'instant, le dernier volume nous dessillera peut-être les yeux). On peut toujours espérer d'autres volumes à venir plus engageants. Je reste un lecteur enthousiaste de Moore, malgré cet échec (après tout, ce n'est pas le premier).

Docteur C, 15.02.2012 à 17:22342986
Bicephale :
On pouvait attendre beaucoup de Ligue Century, vu combien Watchmen, From Hell ou encore Promethea témoignent déjà, dans le travail de Moore, de traversées d’Histoire(s) fertiles. Mais seulement voilà, Moore dans Century 1969 se contente d’enfiler avec paresse les clichés les plus convenus. Les choix opérés (puisque face aux possibilités infinies qu’offre le principe génératif de l’univers de la Ligue, des choix s’imposent), tolérables dans le cadre d’une époque victorienne déjà mûrement caramélisée par la vague steampunk (dont la Ligue n’est jamais qu’un rejeton tardif), deviennent nettement plus irritants dans ce nouveau volume.

Qu’est-ce qui chagrine dans Century 1969 ? C’est que Moore nous y déballe la sempiternelle petite histoire, l’histoire du vingtième siècle vue à travers son prisme pop. Celle que nous avons déjà entendue un million de fois, à la télévision, sur les affiches publicitaires, déclinée par Hollywood. L’histoire-pop, la vilaine mythologie auto-entretenue de l’industrie culturelle, habitée de ses quelques figures de carton-pâte : le hippie-utopie, le LSD, les Rolling Stones, Brian Jones dans sa piscine, le punk-dystopie... Century 1969 marque le moment où la pensée de Moore s’abîme dans sa quête, fascinée par le tas de détritus à disposition (Moore citant Harry Potter ? rien que la petite jouissance régressive de sculpter le caca). A ce titre, la reprise de la figure de Jack L’Eventreur dans le premier volume de la Ligue Century, lorsqu’on la compare à celle mise en jeu dans From Hell, semble caractéristique de ce processus d’épuisement. From Hell tissait jusqu’à un point de haute intensité mille fils délirants d’une pelote historique fertile, intrigante et critique ; Ligue Century en est le versant négatif : plus rien ne reste qu’un spectacle souriant, boursouflé et creux, et la promesse d’un chapelet d’annotations pour geeks en mal d’occupation. On me dira : "Moore et O’Neill se relâchent et s’amusent". Oui, sans doute. Mais ce sont de tristes plaisirs de vieillards-pop, et depuis peu, j’avoue, ma pop-attitude a perdu de sa flamboyance, mon pop-appétit de sa démesure. Bref, au millième tour du même pop-manège, l’ennui (voire l’écœurement) guette...


C'est un peu court, disons, de reprocher à Alan Moore d'être dans cette Histoire de la "pop culture", puisque que c'est, quand même, son objet, dès le départ, avec la ligue. Recomposer les univers fictionnels populaires, pour leur faire énoncer autre chose. C'est Mina, une femme, qui dirige l'équipe. Cette femme n'est pas qu'une "riot girl", c'est plutôt un monstre victorien plein de doutes, de névroses, mais elle demeure le guide, l'impulsion, de l'action de cette "ligue". C'est un exemple parmi d'autres, puisque la place de Mina dans le Dracula de Stoker n'est certainement pas celle-là. Le projet de Moore se déplace certes, avec cette trilogie Century, et tandis qu'il était bien localisé dans la littérature populaire anglo-saxonne de l'orée du XXème siècle, en cela critique de la modernité naissante dans ses propres fictions, là, il se doit d'avancer, un peu tâtonnant, dans la culture populaire du XXème siècle. Avec le Black Dossier, on avait déjà de ce tâtonnement, dans le choix des références, des livres support de cette recomposition. On y croisait James Bond, Fanny Hill et le 1984 d'Orwell, etc. Le cadre, c'est toujours l'Angleterre. Quelle est la place de la littérature en 1969, qu'est-ce qui compose la culture populaire, en 1969, en Angleterre? Et surtout, qui en sont les héros? Difficile de répondre à ces questions en quelques phrases, le choix de s'intéresser au swinging London, au Rolling Stones etc. peut se discuter, il n'est pas forcément inopérant, s'il s'agit de le critiquer, de le critiquer comme appareil de contrôle de la population, au service d'une conspiration occulte au moins, habité par le "démon".

Après ce volume m'est apparu, comme à toi, raté. Raté parce qu'avalé par ces références colorées et sirupeuses, dans lesquelles le dessin d'O'Neill n'est pas du tout à son aise, et malgré certaines scènes clefs quand même assez dures pour cette musique, ce "way of life", ratant son objet (le final en période "punk" alignant le cliché de trop).

Moi, 01.02.2012 à 16:30342667
Je pensais que c'était implicite... Dans un autre article du même site, on trouve une bribe de déclaration qu'il a faite au New York Times :
Alan Moore – Not answering his phone. Don’t blame him. He did tell the New York Times that it was “completely shameless” and “I tend to take this latest development as a kind of eager confirmation that they are still apparently dependent on ideas that I had 25 years ago”, that the series is a reminder of “draconian contracts” he signed with DC and that “I don’t want money. What I want is for this not to happen… As far as I know, there weren’t that many prequels or sequels to ‘Moby-Dick.’”

Bicephale, 01.02.2012 à 16:28342666
Moi :

Je vous laisse aller voir sur le lien les noms des auteurs impliqués.


Ouais, rien que Dr Manhattan écrit par le très balourd Straczynski, c'est déjà tout un programme...

effer, 01.02.2012 à 16:27342665
Si Dave Gibbons est ravi, ça ne doit pas être le cas d'Alan Moore!

Moi, 01.02.2012 à 14:54342660
Je ne sais pas si vous aviez eu vent des rumeurs mais on annonçait depuis un moment une réutilisation des Watchmen par DC... L'annonce officielle vient de tomber et cela se fera donc via une série de prequels... "Before Watchmen" regroupera 7 séries publiées une semaine après l'autre, chacune centrée sur un ou plusieurs personnages... On comptera ainsi :
- une série "Rorschach"
- une série " Dr Manhattan"
-une série "Spectre Soyeux"
-une série "Ozymandias"
-une série "Le Comédien"
-une série "Minutemen"
-une série "Hibou"
Et chaque volume comprendra une série annexe de pirate (clin d'oeil)




Bref, l'exploitation à fond les bananes, avec de possibles débouchés cinématographiques, bien sûr. Dave Gibbons est ravi.
Je vous laisse aller voir sur le lien les noms des auteurs impliqués.

Bicephale, 24.01.2012 à 12:14342503
On pouvait attendre beaucoup de Ligue Century, vu combien Watchmen, From Hell ou encore Promethea témoignent déjà, dans le travail de Moore, de traversées d’Histoire(s) fertiles. Mais seulement voilà, Moore dans Century 1969 se contente d’enfiler avec paresse les clichés les plus convenus. Les choix opérés (puisque face aux possibilités infinies qu’offre le principe génératif de l’univers de la Ligue, des choix s’imposent), tolérables dans le cadre d’une époque victorienne déjà mûrement caramélisée par la vague steampunk (dont la Ligue n’est jamais qu’un rejeton tardif), deviennent nettement plus irritants dans ce nouveau volume.

Qu’est-ce qui chagrine dans Century 1969 ? C’est que Moore nous y déballe la sempiternelle petite histoire, l’histoire du vingtième siècle vue à travers son prisme pop. Celle que nous avons déjà entendue un million de fois, à la télévision, sur les affiches publicitaires, déclinée par Hollywood. L’histoire-pop, la vilaine mythologie auto-entretenue de l’industrie culturelle, habitée de ses quelques figures de carton-pâte : le hippie-utopie, le LSD, les Rolling Stones, Brian Jones dans sa piscine, le punk-dystopie... Century 1969 marque le moment où la pensée de Moore s’abîme dans sa quête, fascinée par le tas de détritus à disposition (Moore citant Harry Potter ? rien que la petite jouissance régressive de sculpter le caca). A ce titre, la reprise de la figure de Jack L’Eventreur dans le premier volume de la Ligue Century, lorsqu’on la compare à celle mise en jeu dans From Hell, semble caractéristique de ce processus d’épuisement. From Hell tissait jusqu’à un point de haute intensité mille fils délirants d’une pelote historique fertile, intrigante et critique ; Ligue Century en est le versant négatif : plus rien ne reste qu’un spectacle souriant, boursouflé et creux, et la promesse d’un chapelet d’annotations pour geeks en mal d’occupation. On me dira : "Moore et O’Neill se relâchent et s’amusent". Oui, sans doute. Mais ce sont de tristes plaisirs de vieillards-pop, et depuis peu, j’avoue, ma pop-attitude a perdu de sa flamboyance, mon pop-appétit de sa démesure. Bref, au millième tour du même pop-manège, l’ennui (voire l’écœurement) guette...

Thierry, 03.01.2012 à 14:37341785
suite et fin de Century pour 2012

Thierry, 21.12.2011 à 13:01341642
pour une fois, Kevin O'Neill a la parole

Kais, 19.09.2011 à 16:34340125
nan: Colonel Reyel
trop d'la balle !

Thierry, 19.09.2011 à 15:46340124
après Kurt Weill et les Rolling Stones, quelle sera la légende musicale à l'honneur dans le dernier tome ? David Guetta ?

Kais, 19.09.2011 à 13:27340120
c le cousin de roger moore ? lol

Thierry, 19.09.2011 à 9:52340115
nous retrouvons Orlando, Quatermain et Mina en 1969, alertés par de nouveaux signes d'activités de la secte d'Oliver Haddo.
Dans le premier cycle, l'univers lorgnait du côté de Jules Verne, dans le deuxième cycle, nous étions plus chez Wells. Après le mélange de dystopie orwellienne et l'espionnage de bagatelle du black dossier (encore compliqué de l'ésotérisme ultra-référencé), cette nouvelle aventure s'inspire vraiment des récits fantastiques occultes, avec leur lot de sectes, rituels bizarres, etc. La musique contiunue de jouer un rôle primordial. Dans le premier tome, Kurt Weill était mis à l'honneur. Dans celui-ci... le chapitre s'intitule 'paint it black', l'histoire s'ouvre sur la mort dans une piscine d'un membre d'un grand groupe de rock, et culmine avec un concert-hommage, et une chanson semble prôner une certaine sympathie par le démon. Je ne vois pas du tout à quel groupe Moore fait allusion :o)
Swinging London, donc, avec des morceaux de psychédélisme dedans, libération sexuelle, expérimentations diverses, occultisme... et l'impression que l'intrigue avance sans avancer. Mais c'est la première fois que je lis une histoire de la ligue au fil de sa parution. J'ai directement lu les TPB pour les autres. Sans doute l'impression est différente en lisant l'histoire d'un tenant, surtout que le cliffhanger à la fin est assez bien amené. Mais pour l'iunstant, je continue de trouver ce troisième cycle globalement inférieur aux deux premiers.
Je me demande quand même s'il est facile de comprendre la situation de la ligue sans avoir lu le black dossier. QUi sait si il paraîtra un jour en français ?

Thierry, 12.09.2011 à 9:52339894
Thierry :

12 ans après la dernière aventure, un nouveau cycle commence, avec de nouvelles têtes. En fait, il ne reste que Mina de l'équipe précédente. ET c'est là que se pose le premier problème; Une grtande part de la saveur de la série tenait dans le mélange de personnages mythique de la littérature populaire. A peu près tout le monde connâit le capitaine Némo, l'homme invisible, Jeckyll-Hyde et Allan Quatermain (surtout depuis qu'il fut interprété par des acteurs aussi géniaux que Chuck Norris et Patrick Swayze).
Pour la nouvelle équipe, j'ai du wikipédier pour m'y retrouver.
: OK, je vois
Allan Quatermain Jr: OK, personnage fictif, mais son origine est claire
Orlando: J'ai vu le film de Sally Potter avec Tilda Swinton, et je me rappelle qu'il s'agit d'un androgyne, réfractaire à la société patriarcale au point de refuser, en tant que courtisan, toute proposition de mariage et change tout à coup de sexe au XVIIIe siècle en se réveillant femme. Mais ce personnage quasi-éternel servait surtout de prétexte à Virghinia Woolf pour critiquer la condition de la femme au fil des siècles dans la société anglaise.
Puis, vient la liste des illustres inconnus
Carnacki: Il est un spécialiste reconnu pour son efficacité dans la lutte contre les revenants et autres entités cosmiques. William Hope Hodgson a conçu ce détective de l’étrange pour répondre à une commande des responsables d'un mensuel littéraire fondé par Jerome K. Jerome et Robert Barr. Cinq aventures paraissent entre janvier et juin 1910. Quatre autres furent refusées pour, semble-t-il, des questions de calibrage. Et la revue cessa de paraître définitivement en mars 1911.
Arthur J. Raffles: un personnage créé vers 1890s par E. W. Hornung, beau-frère de Arthur Conan Doyle. Son personnage est unesorte d'anti-thèse de Sherlock Holmes: aristocrate doublé d'un cambrioleur particulièreent ingénieux.

jamais entendu parler... un autre personnage que je ne cite pas pour ne pas spoiler, même si elle apparaît très tôt ans le récit, et que son destin ne fait guère de doute.
Le récit perd de son côté jouissif.

L'histoire représente le second problème: la peur d'une apocalypse que Carnacki a vu en rêve, sans pouvoir la définir clairement ,une secte mystérieuse, de l'occultisme, le retour de jack l'Eventreur... un fatras peu clair et surtout peu passionant.

Et le troisième problème, c'est la manie que Moore a de faire chanter ses personnages. Le chapite s'intitule "What keep mankind alive", référence directe à une chanson de Kurt Weil et bethold Brecht "Mankind is kept alive by monstruous deeds" (ou "bestial acts", selon la traduction). Janni est suivie d'une vielle poivrote qui chante "Pirate Jenny". D'autres chansons interviennent, que je n'ai pas reconnue. Bon, comment dire... des pages dont les phylactères ne sont que paroles d'une chanson, c'est un procédé qui devient vite lourd quand il devient systématique. Et Alan Moore semble très content de sa petite idée.

Un dernier problème tient au dessin d'Oneil, qui a sans doute moins de possibilité de s'exprimer pleinement. Son dessin en devient mécanique et presque passe-partout.

Cette nouvelle aventure ne s'annonce pas sous es meilleurs augures. peut-être que la suite me détrompera, mais pour l'instant, la déception est énorme.


j'ai relu à la lumière du Black Dossier (il est maintenant clair que Quatermain Jr est en fait le vrai Allain Quatermain, que Orlando est un personnage beaucoup plus important pour la ligue...) et, surprise, j'ai finalement trouvé que ce n'était pas si mauvias que ça. C'est même plutôt pas mal, sans atteindre la qualité des deux premières aventures.
Je garde une vraie réserve sur l'emploi de chansons, mais pour le reste, c'est bien troussé, et le dessin de O'Neil n'est pas si robotique que je l'avais trouvé.
Je peux m'attaquer maintenant au passage des héros dans le swinging London avec 1969.

Xavier, 26.07.2011 à 9:02339129
La dernière livraison de la revue anglaise Studies in Comics est entièrement dédiée à l'oeuvre d'Alan Moore. Le sommaire (avec les "abstracts" de rigueur) est consultable ici.

Docteur C, 26.07.2011 à 0:41339126
Dans cet intéressant entretien au Guardian, on apprend que la conspiration des occultistes sera dévoilée à travers les trois volumes (1910, 1969, 2009), et qu'Alan Moore est conscient de l'aspect parfois trop référentiels de ses dernières productions, en tout cas dit-il : « But I'd hate to think that the references ever overwhelmed the story. So that somebody who didn't catch all the references was missing out. Obviously, if you do see all of the references – and there are some in there that even I have to ask Kevin about – then it will be a richer experience. But you're going to get some of them. And even if you don't, the plot will still be completely comprehensible and lucid ».

Soit en gros "Mais je déteste l'idée que les références aient jamais pris le pas sur le récit. Et que donc quelqu'un qui n'aurait pas toutes les références soit perdu. Évidemment, si vous voyez toutes les références - et il y en a certaines sur lesquelles j'interroge Kevin (O'Neill) - alors ce sera une expérience plus riche. Mais vous en aurez certaines. Et même si vous ne les avez pas, le scénario sera toujours parfaitement compréhensible et lucide". If he says so...

Docteur C, 15.05.2011 à 1:25338226
Thierry :
(...)
L'histoire représente le second problème: la peur d'une apocalypse que Carnacki a vu en rêve, sans pouvoir la définir clairement ,une secte mystérieuse, de l'occultisme, le retour de jack l'Eventreur... un fatras peu clair et surtout peu passionant.

Et le troisième problème, c'est la manie que Moore a de faire chanter ses personnages. Le chapite s'intitule "What keep mankind alive", référence directe à une chanson de Kurt Weil et bethold Brecht "Mankind is kept alive by monstruous deeds" (ou "bestial acts", selon la traduction). Janni est suivie d'une vielle poivrote qui chante "Pirate Jenny". D'autres chansons interviennent, que je n'ai pas reconnue. Bon, comment dire... des pages dont les phylactères ne sont que paroles d'une chanson, c'est un procédé qui devient vite lourd quand il devient systématique. Et Alan Moore semble très content de sa petite idée.
(...)

Une dernière fois sur Century 1910:

D'abord toutes les chansons du volume sont tirées de l'Opéra de quat'sous (de Brecht et Weill donc), créé en 1928, ceci expliquant cela (c'est écrit en deuxième de couverture sur l'édition anglo-américaine).

Cette référence à Jack l'éventreur tient de l'évidence puisqu'elle est déjà dans la pièce (qui se situe à Londres) et qu'il s'agit du personnage principal : MacHeath. On ne change pas une équipe qui gagne...

Je n'ai pas l'impression d'une très grande confusion de l'intrigue sur ce volume, même si la conspiration des occultistes demeure obscure. Il n'empêche, le propos, et le final m'ont semblé très loin d'être ratés et purement référentiels. Je ne vais pas trop spoiler pour le justifier.

Moore devient chiant quand il joue trop au démiurge qui tire toutes les ficelles de l'histoire de l'humanité, le récit ne devenant plus qu'un puzzle jeté par le grand architecte, puzzle impossible à reconstituer. Ce n'est pas mon sentiment pour celui-là.

Pour finir, la chanson originale qui donne son titre au volume donc,Wovon lebt der Menschen par Ernst Busch :



Ihr Herren, bildet euch nur da nichts ein:
Der Mensch lebt nur von Missetat allein!

le ppj, 13.05.2011 à 14:38338214
Merci pour les infos. Que Gaiman soit fan de ces épisodes ne semble finalement pas surprenant !

Thierry, 13.05.2011 à 13:07338210
le ppj :





Je découvre en ce moment Swamp Thing qui me surprend car je ne m'attendais pas à cela. J'avais un a priori fort pensant que se serait un peu pénible et plein d'hémoglobine. C'est en fait tout le contraire Swamp Thing part à la recherche de son identité et va sauver sa belle dans les enfers.
Fatalement on pense à Sandman avec cette visite des enfers, et certains personnages en commun comme Cain et Abel ainsi qu'Etrigant. De même les personnages parlent plus qu'ils ne se battent. Il y a des similitudes troublantes. Quelqu'un sait s'ils ont été écrit durant la même période ?


A priori, les "swamp thing" de Moore sont antérieurs à Sandman. Il me semble même que Gaiman se revendique comme grand fan de cette période de la saga Swamp Thing.
et en me basant sur Wikipedia, je confirme que Sandman démarre en 1989, alors que Moore travaille sur Swam thing the 1984 à 1987 (from issue #20 (January 1984) through to issue #64 (September 1987))

le ppj, 13.05.2011 à 12:41338209





Je découvre en ce moment Swamp Thing qui me surprend car je ne m'attendais pas à cela. J'avais un a priori fort pensant que se serait un peu pénible et plein d'hémoglobine. C'est en fait tout le contraire Swamp Thing part à la recherche de son identité et va sauver sa belle dans les enfers.
Fatalement on pense à Sandman avec cette visite des enfers, et certains personnages en commun comme Cain et Abel ainsi qu'Etrigant. De même les personnages parlent plus qu'ils ne se battent. Il y a des similitudes troublantes. Quelqu'un sait s'ils ont été écrit durant la même période ?

Thierry, 13.05.2011 à 10:33338207
Docteur C :
Thierry :
Docteur C :

(...)

pas mieux... la partie BD démarre bien mais même dans celle-là, j'ai fini par décrocher (à l'appartion du pseudo-sandman) et je n'ai même pas réussi à me forcer à lire la fin. J'ai tout lu, prose comprise, jusqu'à "Fanny Hill", mais j'ai craqué à ce moment-là.


Entretemps j'ai lu Century : 1910 et je l'ai trouvé très bien, cette alliance du rythme lyrique à la bande dessinée, la montée dramaturgique finale est très réussie notamment. Cette exploitation de l'opérette selon Brecht est d'une étrangeté rare. Je suis beaucoup plus convaincu que par ce Black Dossier en effet, que je ne peux pas m'empêcher de trouver bancal, dans sa structure, dans ses intentions (et Fanny Hill n'est pas le pire texte, je n'ai pas pu aller jusqu'au bout du Crazy Wide Forever seulement). Mais ça reste quand même très bon, ça m'ennuie d'écrire du mal de ces travaux d'Alan Moore qui sont quand même toujours de haute volée, comme, pour ne citer qu'un exemple du Black Dossier, ce mix halluciné entre le 1984 d'Orwell et une tijuana bible sur une chaine de montage intitulé Sexjane. Je ne crois pas que ces derniers volumes de la Ligue soient complètement ratés, expérimentaux, oui, un peu bancals, certes, mais malgré cela, on s'y retrouve.


Je crois qu'il est en effet difficile d'aborder 1910 sans avoir lu "Black Dossier", qui comble des trous qui rendent certains éléments peu compréhensible (ntre autres le rajeunissement de Quatermain). Il faudrait que je le relise à la lumière des éléments du Black Dossier.
le principal rep^roche que je fais à Moore reste qu'il se complaît de plus en plus dans de l'ultra-référence, qui rend son propos obscur, voir nébuleux. Quand cela porte des détails (quelques cases sur un enfant fasciné par le nautilus dans la dernière partie du deuxième cycle... une recherche sur internet m'a permis de découvrir que c'était une référence à un héros de seconde zone de la bande dessinée britannique des années 50, qui commandait un sous-marin révolutionnaire), je perçois ce genre de référence ultra-pointue comme une forme de jeu de piste auquel Moore convie , comme une récompense, le lecteur attentif. Mais quand toute la narration devient un jeu de référence tellement pointue, mélangeant mythologies de tous genre (relier Crom, Obéron et James Bond, il faut s'accrocher), cela confine à une construction quasi obsessionnelle chiante. Je salue la rigueur du travail, mais je m'ennuie très vite à voir Moore me donner l'impression qu'il se paluche. C'est une tendance qu'il nourrit déjà depuis longtemps, déjà dans "Suprême". Mais quand il ne laisse pas cette tendance prendre le dessus, il reste un grand auteur.

Docteur C, 12.05.2011 à 17:30338202
Thierry :
Docteur C :

(...)

pas mieux... la partie BD démarre bien mais même dans celle-là, j'ai fini par décrocher (à l'appartion du pseudo-sandman) et je n'ai même pas réussi à me forcer à lire la fin. J'ai tout lu, prose comprise, jusqu'à "Fanny Hill", mais j'ai craqué à ce moment-là.


Entretemps j'ai lu Century : 1910 et je l'ai trouvé très bien, cette alliance du rythme lyrique à la bande dessinée, la montée dramaturgique finale est très réussie notamment. Cette exploitation de l'opérette selon Brecht est d'une étrangeté rare. Je suis beaucoup plus convaincu que par ce Black Dossier en effet, que je ne peux pas m'empêcher de trouver bancal, dans sa structure, dans ses intentions (et Fanny Hill n'est pas le pire texte, je n'ai pas pu aller jusqu'au bout du Crazy Wide Forever seulement). Mais ça reste quand même très bon, ça m'ennuie d'écrire du mal de ces travaux d'Alan Moore qui sont quand même toujours de haute volée, comme, pour ne citer qu'un exemple du Black Dossier, ce mix halluciné entre le 1984 d'Orwell et une tijuana bible sur une chaine de montage intitulé Sexjane. Je ne crois pas que ces derniers volumes de la Ligue soient complètement ratés, expérimentaux, oui, un peu bancals, certes, mais malgré cela, on s'y retrouve.

Thierry, 12.05.2011 à 15:06338200
Docteur C :

Déjà le Black Dossier, sorte de sequel hallucinée dans lequel Orlando ainsi que quelques autres personnages font leur apparition, était très loin d'être digeste - euphémisme. Tous les reproches que tu fais à ce volume, je pense qu'on pouvait déjà les faire au Black Dossier, en pire.

A la fin du livre, le lecteur est invité à porter des lunettes 3D à l'ancienne, ce qui, reconnaissons-le, ne va pas dans le sens d'une grande fluidité de la lecture. De toute façon, une bonne partie des pages (le fameux Black Dossier) sont de textes hyper-référentiels qui charrient au moins 200 ans de pop culture avec eux.

Du coup je pense qu'après la transition Black Dossier, on aborde la lecture de Century : 1910 d'une manière différente.

pas mieux... la partie BD démarre bien mais même dans celle-là, j'ai fini par décrocher (à l'appartion du pseudo-sandman) et je n'ai même pas réussi à me forcer à lire la fin. J'ai tout lu, prose comprise, jusqu'à "Fanny Hill", mais j'ai craqué à ce moment-là.

Thierry, 05.05.2011 à 11:12338095
maintenant que j'ai acheté le "Black Dossier", longtemps interdir de vente en Europe pour d'obscures raisons de copyright, j'ai relu le premier cycle d'aventure de la ligue. Ben, c'est quand même vachement bien, iconoclaste et jubilatoire. Il y a bien quelques passages un peu lourd (en tête, le pensionnat de jeune fille), mais cela reste un vrai plaisir

Docteur C, 07.10.2009 à 14:18325429
Dispensable dispensable, c'est difficile à dire. Ca ne se lit pas comme un comics pulp en tout cas, comme peuvent se lire les deux premiers volumes de la ligue, ou Top 10 ou Tom Strong... Il y a toujours de bonnes idées, mais elles sont perdues dans un tel fatras de pensée magique, de références... Par exemple au début du Black Dossier il y a un James Bond tout à fait brillant, la première scène en bande dessinée est vraiment très drôle, très maligne...

Est-ce que Promethea est dispensable? Au niveau expérimentation formelle hallucinée, ça se pose là...

Mon intervention pour dire que les derniers Moore sont effectivement très expérimentaux, encore plus référentiels, avec un intérêt second pour l'intrigue, comme tu le signalais, alors il faut le savoir. Mais on parle d'Alan Moore, quand même, donc bon.

D'ailleurs je relève aujourd'hui que l'entretien à Wired posté juste sous ton intervention est riche en informations quant à ses intentions sur la Ligue.

MR_Claude :
Hop, pour les anglophones


Je cite le passage qui fait directement référence à Century : 1910

«We're being as wildly experimental as possible. The first book of the third volume is actually a musical, an opera. It's probably the blackest and most destructive of any of the League books so far, which included the aerial bombardment of London in the first issue and the invasion by Martians in the second volume. This is somehow even blacker than that.

But it has got a lot of very rousing songs running all the way through it. Because—as ever with the League—we tend to base the adventures upon the fictional landscape that was around at that particular time. Since this is set in 1910, we found the idea of bringing in Bertolt Brecht and Kurt Weill irresistible. So I've rewritten the libretto for a number of the more gutsy and dark and powerful and sardonic Kurt Weill numbers. There's a new "Mack the Knife," a new "Pirate Jenny," a new "MacHeath's Plea From the Gallows," a new "What Keeps Mankind Alive." The epilogue of the second part of the three-part volume is set in 1976, where we have a punk version of the "Ballad of Immoral Earnings" called "Immoral Earnings in the UK." I was worried at first that this was going to turn The League of Extraordinary Gentlemen into any number of bad Elvis films where, like, it's just about keeping the plot credibility together and then someone throws Elvis a guitar and everyone starts singing. It destroys any possible reality that's been built up in the reader's mind, and I was worried about that happening with League.

I just thought, "Is the kind of sense of drama we want to create in this book going to be undermined by the fact that we have characters bursting into song?" But the way it's worked is that it tends to make the scenes hyperreal rather than less real, just because of the incredible darkness and bitterness of Brecht's vision. We're very pleased with the way this particular experiment has worked out. And hopefully in future books we'll be continuing to push the boundaries as much as we can. But that's pretty much the full extend of my involvement with comics at the moment. »

Thierry, 07.10.2009 à 9:51325417
tu réponds à la question que je me posais... le Black Dossier est tout-à-fait dispensable... pas vraiment besoin d'investir.
Décidement, j'ai l'imporssion qu'Alan Moore a tendance à vite trop en faire. Masturbation intellectuelle ?

Docteur C, 06.10.2009 à 17:58325409

Déjà le Black Dossier, sorte de sequel hallucinée dans lequel Orlando ainsi que quelques autres personnages font leur apparition, était très loin d'être digeste - euphémisme. Tous les reproches que tu fais à ce volume, je pense qu'on pouvait déjà les faire au Black Dossier, en pire.

A la fin du livre, le lecteur est invité à porter des lunettes 3D à l'ancienne, ce qui, reconnaissons-le, ne va pas dans le sens d'une grande fluidité de la lecture. De toute façon, une bonne partie des pages (le fameux Black Dossier) sont de textes hyper-référentiels qui charrient au moins 200 ans de pop culture avec eux.

Du coup je pense qu'après la transition Black Dossier, on aborde la lecture de Century : 1910 d'une manière différente.

Thierry, 06.10.2009 à 12:27325395


mauvais lien

Thierry, 06.10.2009 à 12:25325394
Dans la continuité directe de la première aventure, mais sans nécéssité de relire le premier volume pour autant, cette nouvelle aventure s'inspire essentiellement de "La guerre des mondes" de HG Wells, mais intègre également "L'île du Docteur Moreau" du même HG Wells, ainsi que John Carter, le héros du cycle de Mars de Edgar Rice Burroughs.
Le récit débute sur Mars, par une bataille épique entre Martiens et créatures immondes, que les martiens réussissent à faire fuir Très belle mise en bouche, avec des planches magnifiques de Kevin O'Neill. Et, comme de bien entendu, les créatures échouent sur terre, avec des intentions loin d'être pacifique. La Ligue est appelée à la rescousse, mais que peut-elle faire face à un telle menace ?
Du grand Alan Moore, qui propose un récit d'une fluidité exemplaire, riche de références plus ou moins pointues (un geek propbale du nom de Jess Nevins y a consacré pas mal de temps, ici, pour le dernier chapitre par exemple). et du grand Kevin O'Neill, dont le dessin élégant fait merveille pour donner corps aux délires d'Alan Moore.
C'est drôle, plus intelligent qu'il n'y paraît et toujours provocateur (le H142 est un choix très ironique, surtout si on se resitue à l'époque)




12 ans après la dernière aventure, un nouveau cycle commence, avec de nouvelles têtes. En fait, il ne reste que Mina de l'équipe précédente. ET c'est là que se pose le premier problème; Une grtande part de la saveur de la série tenait dans le mélange de personnages mythique de la littérature populaire. A peu près tout le monde connâit le capitaine Némo, l'homme invisible, Jeckyll-Hyde et Allan Quatermain (surtout depuis qu'il fut interprété par des acteurs aussi géniaux que Chuck Norris et Patrick Swayze).
Pour la nouvelle équipe, j'ai du wikipédier pour m'y retrouver.
: OK, je vois
Allan Quatermain Jr: OK, personnage fictif, mais son origine est claire
Orlando: J'ai vu le film de Sally Potter avec Tilda Swinton, et je me rappelle qu'il s'agit d'un androgyne, réfractaire à la société patriarcale au point de refuser, en tant que courtisan, toute proposition de mariage et change tout à coup de sexe au XVIIIe siècle en se réveillant femme. Mais ce personnage quasi-éternel servait surtout de prétexte à Virghinia Woolf pour critiquer la condition de la femme au fil des siècles dans la société anglaise.
Puis, vient la liste des illustres inconnus
Carnacki: Il est un spécialiste reconnu pour son efficacité dans la lutte contre les revenants et autres entités cosmiques. William Hope Hodgson a conçu ce détective de l’étrange pour répondre à une commande des responsables d'un mensuel littéraire fondé par Jerome K. Jerome et Robert Barr. Cinq aventures paraissent entre janvier et juin 1910. Quatre autres furent refusées pour, semble-t-il, des questions de calibrage. Et la revue cessa de paraître définitivement en mars 1911.
Arthur J. Raffles: un personnage créé vers 1890s par E. W. Hornung, beau-frère de Arthur Conan Doyle. Son personnage est unesorte d'anti-thèse de Sherlock Holmes: aristocrate doublé d'un cambrioleur particulièreent ingénieux.

jamais entendu parler... un autre personnage que je ne cite pas pour ne pas spoiler, même si elle apparaît très tôt ans le récit, et que son destin ne fait guère de doute.
Le récit perd de son côté jouissif.

L'histoire représente le second problème: la peur d'une apocalypse que Carnacki a vu en rêve, sans pouvoir la définir clairement ,une secte mystérieuse, de l'occultisme, le retour de jack l'Eventreur... un fatras peu clair et surtout peu passionant.

Et le troisième problème, c'est la manie que Moore a de faire chanter ses personnages. Le chapite s'intitule "What keep mankind alive", référence directe à une chanson de Kurt Weil et bethold Brecht "Mankind is kept alive by monstruous deeds" (ou "bestial acts", selon la traduction). Janni est suivie d'une vielle poivrote qui chante "Pirate Jenny". D'autres chansons interviennent, que je n'ai pas reconnue. Bon, comment dire... des pages dont les phylactères ne sont que paroles d'une chanson, c'est un procédé qui devient vite lourd quand il devient systématique. Et Alan Moore semble très content de sa petite idée.

Un dernier problème tient au dessin d'Oneil, qui a sans doute moins de possibilité de s'exprimer pleinement. Son dessin en devient mécanique et presque passe-partout.

Cette nouvelle aventure ne s'annonce pas sous es meilleurs augures. peut-être que la suite me détrompera, mais pour l'instant, la déception est énorme.

MR_Claude, 02.03.2009 à 7:16319081
Hop, pour les anglophones

Thierry, 19.03.2008 à 16:52305900
ce vieux chevelu ne me fait pas peur
HIPPIE !

Le PBE, 19.03.2008 à 14:08305894
Thierry :
(...) je peux m'empecher de penser que le sieur Moore se laisse un peu trop facilement aller a faire etalage de sa virtuosite narrative.

Je crois que tes propos l'ont un peu choqué...

Remedium, 19.03.2008 à 13:54305892
Thierry :
Relecteure de l'autre monstre signe Alan Moore. Ben c'est decidement vachement bien, meme si je peux m'empecher de penser que le sieur Moore se laisse un peu trop facilement aller a faire etalage de sa virtuosite narrative.


En même temps, cet étalage ne m'a jamais vraiment gêné, je trouve qu'il s'adapte parfaitement aux divers personnages / diverses situations. La forme est vraiment au service du fond.

Thierry, 19.03.2008 à 13:27305888
Relecteure de l'autre monstre signe Alan Moore. Ben c'est decidement vachement bien, meme si je peux m'empecher de penser que le sieur Moore se laisse un peu trop facilement aller a faire etalage de sa virtuosite narrative.

effer, 05.12.2007 à 17:44299708
Alan Moore dessinant façon underground, ça vaut le détour!

longg, 05.12.2007 à 11:37299626

Alan moore dans "Sounds"
Plein de planches archivées...

david t, 07.09.2006 à 19:40263355
la demande pour lost girls ne tarit pas.

40 000 copies d'ici noël. pas mal pour un éditeur indépendant (top shelf).

cubik, 27.06.2006 à 0:15257787
encore???
mais il vit là ou bien? :)

Nicolas, 26.06.2006 à 23:49257780
Bonjour à tous,

David Lloyd nous fera le plaisir de dédicacer "V pour Vendetta" (Delcourt) et "Kickback" (Carabas) à la Bulle d'Or le samedi 1er juillet entre 15 et 18h. Réservation souhaitée (au 02/513.72.35 ou via le mail goldenchronicles@yahoo.fr). La Bulle d'Or est située au 124 Boulevard Anspach, 1000 Bruxelles, Belgique.

A+

Nicolas

Thierry, 26.06.2006 à 8:33257625
oups

j'aime l'expression "elucubrations illustrees" :o)

Smiley_Bone, 03.05.2006 à 8:38251286
dossier radiophonique sur Moore avec l'excellent François Penaud

Nicolas, 23.04.2006 à 16:14249819
J'ai publié un entretien avec David Lloyd sur XEROXED.BE. Avec un texte-hommage de Jamie Delano, un texte de David Lloyd sur Tony Weare et des photographies des deux expositions liées à Lloyd sur Bruxelles.

A+

Nicolas

lanjingling, 04.04.2006 à 13:48247624
on a quand meme une scene ou V choisit clairement la liberte contre la justice...comme g.w.bush :o)

Bert74, 04.04.2006 à 11:54247597
Oui, effectivement, le propos de Moore est plus nuancé.

En fait ce que je voulais dire c'est que si on part du principe que V est un héros (ce qui n'est pas aussi trancé dans la BD), alors c'est l'anarchisme qui est montré comme symbole de la liberté.

Mais V est bien sûr ambigu dans sa démarche, et sa "croisade" se justifie (à ses yeux, surtout) de bien des façons différentes.
Ainsi sa position face au meurtre est vraiment à multiple facettes [ATTENTION SPOILER] : il tue au départ, dans une justice un peu sommaire, pour la défense du faible (les flics qui s'attaquent à Evey); il tue aussi dans son dessein de vengeance (l'évêque) ou pour défendre sa vie (le patron de la main). Pourtant il ne commet pas l'assassinat politique, pratique ô combien totalitaire, même dans son action terroriste (le commandeur meurt sous les balles d'un(e) autre).

Smiley_Bone, 04.04.2006 à 8:47247549
Moui un encensement de l'anarchisme, Moore reconnait quand même qu'il y a une face destructrice (V) et une force créatrice (Evey), donc je ne suis pas sûr qu'il encense, enfin en tout cas, il montre ses limites.

Bert74, 03.04.2006 à 23:39247537
V pour Vendetta (la BD) est quand même principalement un encensement de l'anarchisme, encore plus qu'une critique du totalitarisme...

Et ça , c'est un truc que je ne vois pas comment Hollywood peut faire passer. J'irais quand même voir le film, mais je risque d'être fort déçu sur ce point fondamental.

Thierry, 30.03.2006 à 11:13247046
Hugues Dayez a dit que c'etait tres bien. C'est pas normal !

lanjingling, 28.03.2006 à 16:22246786
Nicolas :
Désolé de répondre si tard mais la préparation de l'expo me prend pas mal de temps.

J'ai revu le film hier lors de l'avant-première organisée par l'UGC De Brouckère et la Warner à Bruxelles (puisqu'il y en a eu une autre par le Festival du Film Fantastique...).

Je ne trouve pas que la scène du Coran soit lourde. Elle dure quelques instants pas plus et elle est bien intégrée. Le Coran fait d'ailleurs partie d'un ensemble d'autres objets interdits.

Le film n'insiste pas de manière lourde sur "le racisme c'est pas bien". D'ailleurs, on aurait pu s'attendre à voir apparaître un acteur afro-américain qui aurait survécu à l'épuration ethnique mais non. L'homophobie est dénoncée plus directement. Comme dans la bd. Remember Valérie.

L'adaptation ne perd pas sa raison d'être. Il dénonce l'homophobie, les privations de droits comme dans la bande dessinée. Il y a une réflexion sur le terrorisme qui est identique à l'original. On ne parle plus de Tatchérisme dans le film, certes, mais les idéaux qui sont à la base de la lutte de V sont toujours là. D'ailleurs V reprend le masque de Guy Fawkes qui se battait pour ses idéaux en 1605 (et non pas contre le Tatchérisme). La lutte de V n'est pas celle d'une époque spécifique.
oui, c'est ce que j'appelle l'engagement gentillet d'hollywood, la critique du racisme & du totalitarisme sans encrage (humour b.d.) specifique me parait un peu vaine ; pareil pour le king-kong, dont je n'ai toujours pas percu la finalite , ou le prochain spiderman ,"black spiderman" semble-t-il.

Nicolas, 28.03.2006 à 16:11246782
Désolé de répondre si tard mais la préparation de l'expo me prend pas mal de temps.

J'ai revu le film hier lors de l'avant-première organisée par l'UGC De Brouckère et la Warner à Bruxelles (puisqu'il y en a eu une autre par le Festival du Film Fantastique...).

Je ne trouve pas que la scène du Coran soit lourde. Elle dure quelques instants pas plus et elle est bien intégrée. Le Coran fait d'ailleurs partie d'un ensemble d'autres objets interdits.

Le film n'insiste pas de manière lourde sur "le racisme c'est pas bien". D'ailleurs, on aurait pu s'attendre à voir apparaître un acteur afro-américain qui aurait survécu à l'épuration ethnique mais non. L'homophobie est dénoncée plus directement. Comme dans la bd. Remember Valérie.

L'adaptation ne perd pas sa raison d'être. Il dénonce l'homophobie, les privations de droits comme dans la bande dessinée. Il y a une réflexion sur le terrorisme qui est identique à l'original. On ne parle plus de Tatchérisme dans le film, certes, mais les idéaux qui sont à la base de la lutte de V sont toujours là. D'ailleurs V reprend le masque de Guy Fawkes qui se battait pour ses idéaux en 1605 (et non pas contre le Tatchérisme). La lutte de V n'est pas celle d'une époque spécifique.

La deuxième vision du film ne m'a pas déçue. Ca tient toujours la route.

lanjingling, 22.03.2006 à 13:14246193
Nicolas :
J'ai eu l'occasion de voir le film et je l'ai trouvé assez réussi. Je trouve qu'on est loin de Matrix. Si la bande d'annonce insiste sur le côté "action", le film est principalement centré sur la psychologie des personnages et la lutte politique de V.
raison de plus pour ne pas y aller, ca leur apprendra a faire des bandes annonce mensongeres :o]
Nicolas :
Pas beaucoup d'effet spéciaux (je vous jure). La "grande scène de combat finale" est relativement courte et sobre (si, si). Le film insiste sur la dénonciation de l'homophobie, du racisme, mais aussi (et il faut le saluer) de l'islamophobie. Un personnage posséde chez lui un Coran qu'il conserve pour la beauté de l'ouvrage, de ses gravures, de la calligraphie arabe. Belle idée de mettre en avant la culture de l'Islam.
& ca sert le recit, ou c'est pour lourdement insister sur "le racisme, c'est pas bien"
Nicolas :

David Lloyd m'avait signalé qu'il trouvait le film même plus engagé que l'oeuvre originale. On remarquera en effet une critique claire de l'interventionisme américain et anglais en Iraq (et dans le monde) et des abus de pouvoir de ces deux gouvernements après les attentats du 9-11.

Certains reprocheront certaines modifications faites au personnage de V. Il est traité de manière plus décalée (avec quelques touches plus humoristiques) mais cela le rend plus humain, plus "attachant". C'est peut-être une erreur de l'humaniser ainsi. Ca ne m'a finalement pas trop dérangé.
Deux américains sont sortis de la salle en même temps que moi. Ils étaient un peu perdus. L'un dit à l'autre, incrédule, "wow, Hollywood... fait de la politique".
c'est pas nouveau, c'est meme sa marque de fabrique, l'engagement gentillet-pas pour rien qu'hollywood etait la premiere cible du mccarthysme.
Nicolas :

C'est un blockbuster engagé et intelligent (si, si, c'est possible). Alan Moore critique le fait que le script (puisqu'il ne veut pas voir le film) ne dénonce pas les mêmes choses que la bd (à savoir sa crainte du Tatcherisme).
& la, d'accord avec toi, si c'est pour lui faire perdre sa raison d'etre, pourquoi avoir choisi d'en faire une adaptation...

asacem, 22.03.2006 à 9:50246159
Question: si Moore refuse les cachets d'Hollywood depuis la ligue, en est-il de même de Lloyd? Ne serait-il pas intéressé aux bénéfices? Ca peut facilement changer la vision qu'on a d'un film.

De toute façon je n'irais pas le voir. Je me suis déjà trop fait avoir avec les adaptations cinématographiques de Moore. Très déçu par la ligue, j'ai été carrément dégouté par la bouillie cinématographique que constitue From Hell. Putain, comment faire d'un chef-d'oeuvre un navet. Mort aux blockbusters et à leurs codes stupides.

Nicolas, 22.03.2006 à 9:09246156
J'ai eu l'occasion de voir le film et je l'ai trouvé assez réussi. Je trouve qu'on est loin de Matrix. Si la bande d'annonce insiste sur le côté "action", le film est principalement centré sur la psychologie des personnages et la lutte politique de V. Pas beaucoup d'effet spéciaux (je vous jure). La "grande scène de combat finale" est relativement courte et sobre (si, si). Le film insiste sur la dénonciation de l'homophobie, du racisme, mais aussi (et il faut le saluer) de l'islamophobie. Un personnage posséde chez lui un Coran qu'il conserve pour la beauté de l'ouvrage, de ses gravures, de la calligraphie arabe. Belle idée de mettre en avant la culture de l'Islam.
David Lloyd m'avait signalé qu'il trouvait le film même plus engagé que l'oeuvre originale. On remarquera en effet une critique claire de l'interventionisme américain et anglais en Iraq (et dans le monde) et des abus de pouvoir de ces deux gouvernements après les attentats du 9-11.
Hugo Weaving est convaincant dans son rôle (même sous le masque). Je reprocherai (comme je l'ai lu ailleurs) que Evey soit interpreté par Natalie Portman. Une actrice moins connue (et connotée) ou ayant mieux composé son rôle aurait été plus convaincante.
Mes autres principaux reproches se limitent à quelques inégalités de la photographie et un problème de rythme dans quelques séquences.
Certains reprocheront certaines modifications faites au personnage de V. Il est traité de manière plus décalée (avec quelques touches plus humoristiques) mais cela le rend plus humain, plus "attachant". C'est peut-être une erreur de l'humaniser ainsi. Ca ne m'a finalement pas trop dérangé.
Deux américains sont sortis de la salle en même temps que moi. Ils étaient un peu perdus. L'un dit à l'autre, incrédule, "wow, Hollywood... fait de la politique".
C'est un blockbuster engagé et intelligent (si, si, c'est possible). Alan Moore critique le fait que le script (puisqu'il ne veut pas voir le film) ne dénonce pas les mêmes choses que la bd (à savoir sa crainte du Tatcherisme). Je peux comprendre son point de vue car ce ne sont plus ses contestations originales qui sont présentées dans l'adaptation cinématographique. Cependant, il est important de dénoncer les privations de liberté que subissent les citoyens américains et anglais (et les étrangers dans ces deux pays) depuis le 11 septembre (et le Patriot Act) comme il est important de réflechir sur les motivations du terrorisme. Un film orignal sur le sujet aurait peut-être été plus judicieux. En tout cas, comme l'écrivait David Lloyd: "It isn't a straight book-to screen adaptation, so many admirers of the original may be liable to take Alan's view of it's worth - but as a object in it's own right, it's excellent, and that's why I've supported it from the point of reading the script and onward".

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