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Kuklos - Interview Gaultier et Ricard par MR_Claude

Nouvelle interview, celle de Gaultier et Ricard, respectivement dessinateur et scénariste chez Soleil de Kuklos et Banquise. Interview réalisée par MR_Claude, attention, certaines questions sérieuses ont pu se glisser dans le tas...

(sujet sur le forum)




  • Bonjour, comment ça va?

    SR : Bien merci.

    CG : Pfiuuu, pas mal


  • On va commencer par faire une petite présentation habituelle, votre parcours...

    SR : Sylvain Ricard, 33 ans, un physique d'Apollon. Enfin presque. Biologiste le jour, scénariste de BD la nuit et les jours fériés. Je chausse du 42.

    CG : Christophe Gaultier, 1m87 de muscles et de nerfs. Dessinateur de la vie à plein temps.


  • Comment vous êtes vous rencontrés? Comment en êtes vous venus à vouloir faire de la bd ensemble?

    SR : On s'est rencontré à l'occasion de la sortie du premier album de Christophe. Il nous avait contactés pour que l'on expose des planches de Grise Mine sur notre site (http://bdscope.org). Nous nous sommes regardés, nous nous sommes compris, nous avons bu du spiritueux en nous disant qu'un jour nous ferions la couverture de Télé Z. Bref, le coup de foudre. Et puis Christophe, lors d'un de nos long moments passés à ne parler de rien, m'a demandé de lui écrire un scénario. Le soir, je lui ai proposé Banquise. Depuis, et malgré les seaux d'eau reçus, nous ne voulons plus nous séparer.

    CG : On s'est rencontrés tout simplement : il m'a donné son adresse, et comme j'ai le sens de l'orientation j'ai pu trouver sans problème son HLM.


  • Vous aviez des projets, des réalisations antérieurs à votre travail ensemble (aboutis ou non)?

    SR : En terme de réalisation, il y a donc notre site Internet (pensé et réalisé avec Frédéric Féjard) qui fonctionne plutôt bien, avec environ 30,000 visiteurs par mois. Hors BD, j'ai réalisé, un jour, une maquette en plastique. Ça compte ?

    CG : J'ai le projet de bosser avec Van Hamme mais comme il est un peu pris, je me suis rabattu sur Sylvain. Sinon j'ai réalisé une bd pour le CNRS qui traite de la mammite: une inflammation des mamelles qui touche les vaches du Limousin, pas facile à trouver.


  • Chacun, donnez ce qu'il y a de bien et de moins bien à travailler avec l'autre? Seriez-vous prêt à l'échanger contre deux barils d'un auteur X?

    SR : Ce qu'il y a de bien chez lui, c'est qu'il a une jolie femme. Ce qu'il a de moins bien, c'est sa recette de choucroute végétarienne.

    CG : Le positif : Sylvain est très rapide, il produit vite et il s'implique totalement sur le projet. Il va jusqu'au bout, c'est un Brad- pit-bull. Et puis il n'est pas chiant. Quand je lui dit "je pense que ce truc ne marche pas" il m'écoute, il est très "aware". Le négatif : il mange trop, beaucoup trop et il boit trop, quand il vient à la maison il vide mon frigo et boit tout mon whiskey, c'est GARGANTUA dans le corps de SIM, vous voyez le genre?


  • Comment travaillez-vous ensemble? Comment vous répartissez-vous les tâches?

    SR : Nous discutons des projets que nous voulons réaliser. Quand nous sommes d'accord sur l'idée générale, j'écris le scénario sous la forme d'une nouvelle dialoguée (découpée en scènes ou pas) que j'envoie à Christophe. Puis j'attends fébrilement son coup de téléphone. En général, c'est du tout ou rien. J'ai droit à un "Génial" ou à un "j'aime pas trop". La deuxième option est en général synonyme de "recommence, ça ne me plait pas". Alors je recommence. Quand, enfin, j'ai droit à mon compliment chèrement gagné, Christophe commence à brosser les principaux personnages, puis attaque le story board. Au fur et à mesure, sur la base du story, nous corrigeons les dialogues, ajoutons ou enlevons des scènes, modifions un peu la mise en scène. Puis, quand le story est bon, Christophe s'enferme dans un mutisme déconcertant et réalise les planches. Pour les tâches ménagères, le partage est plus simple. Il m'invite pour des WE de travail et je ne fais rien. Ou plutôt si, je râle parce qu'il n'y a pas assez de charcuterie dans la choucroute.

    CG : C'est moi qui fait tout. Sylvain s'occupe de vérifier si son nom est bien sur la couverture de l'album.


  • La nouvelle, elle prend quelle taille environ, 1, 10 pages? T'arrive-t-il d'écrire simplement une nouvelle, pour elle-même, sans la penser pour une adaptation bd? Et petit commentaire personnel: "Ca n'est pas fait pour m'étonner, une chose frappante dans ce que j'ai lu (Banquise et le début de Kuklos), c'est le travail sur les textes. Les dialogues et voix-off sonnent souvent très juste. C'est une aisance naturelle, ou bien l'accent est volontairement mis dessus?"

    SR : Un 46 planches dialogué fait environ une trentaine de pages écrites. Mais je n'écris pas pour autre chose que pour la BD. Pour ce qui est des dialogues, merci du compliment. Le travail sur Banquise a été un peu anarchique (par ma faute) mais pour les autres projets, je n'ai pas connu de difficultés majeures. Le résultat est toujours malgré tout un peu différent du script original, Christophe faisant des commentaires -pertinents- m'incitant à modifier ça et là quelques phrases.


  • SR encore, d'après ce que je lis, tu interviens peu sur les dessins en eux-mêmes, il est si susceptible que ça? ou c'est un génie?

    SR : Les deux. Quand j'ai rien à dire, et que je ne vois pas comment faire mieux, je me tais.


  • Christophe, j'ai noté aussi un travail sur les vêtements, j'imagine que c'est important pour toi, les vêtements de Gaultier ont quand même une sacrée réputation à tenir...

    CG : Oui, comme tu peux le voir dans Banquise j'ai engagé de nouveaux mannequins, j'ai viré les anciens qui ne faisaient plus l'affaire, la mode est désormais au gros moustachu et quand Gaultier le dit, tout le monde meme Azzedine Alaia suit car Gaultier is fashion , fashion is Gaultier!


  • Plus sérieusement, ton parcours de dessinateur est celui de l'autodidacte, ou bien de l'élève appliqué en école d'arts?

    CG : Un peu les 2 je veux faire ce métier depuis l'âge de 7 ans et les écoles de dessin que j'ai faites mon aidé à progresser rapidement.

  • Moi qui n'y connait rien en dessin (pratique pour une interview), il me semble qu'il y a un travail original sur la lumière et les couleurs notamment. Pour Banquise, certaines scènes semblent pensées directement pour la colorisation (le blizzard notamment), que l'encrage seul semble ne pas pouvoir rendre toute l'atmosphère. Quels sont tes étapes dans le dessin, comment procèdes-tu?

    CG : Et bien en ce qui concerne Banquise, à la lecture du scénario j'ai tout de suite eu des "flash", des images qui s'enchaînaient et en couleurs en plus. Donc après je n'ai plus qu'à essayer de les reproduire. Pour Banquise j'ai d'abord réalisé le story board d'une façon assez poussée, pour la deuxième étape, je réalise un "rough" au format puis je cleane (je décalque à la table lumineuse) j'obtiens ma page originale que je scanne ensuite et je passe à la mise en couleurs.


  • Quelles sont vos influences, vos références en matière de bd? Faites vous partie de la catégorie "je dévore tout ce qui passe et je m'en imprègne" ou bien "finalement, j'en fais, mais j'en lis très peu"?

    SR : Un peu entre les deux. J'en lis pas mal, mais je m'en imprègne assez peu. Je lis les BDs comme quand je n'en faisais pas. Je n'ai pas à proprement parler d'influences mais plutôt des préférences.

    CG : A part celles qui figurent sur les boîtes de choco pops, je ne lis pratiquement rien en bd.


  • Banquise, votre premier album, était un projet assez original, dans le sujet traité, et dans la forme. Le relatif succès critique qu'il a rencontré doit rassurer, non?

    SR : Il rassure, bien sûr. Mais il fait surtout très plaisir.

    CG : C'est vrai il rassure on ne s'attendait pas à un tel succès, depuis je n'ose plus sortir de chez moi, je suis une bigstar dans mon village de 170 habitants.


  • Une bd comme Banquise, ça fait pas beaucoup de glaçons pour un Ricard?

    SR : Arf ! Arf !




  • Kuklos s'inscrit également dans la collection Latitudes, c'est une volonté délibérée de sortir des canons habituels, ou bien c'est dans ce format que vous pensez et créez le mieux vos histoires, naturellement? Si l'éditeur, un poil plus frileux, disait «ok, cocos, je vous prends votre histoire mais en deux tomes au format classique», ce serait envisageable?

    SR : Pour Banquise, on voulait faire un one-shot. On l'a eu, on est content. Pour Kuklos, l'histoire était découpée pour deux tomes de 46 planches. C'est précisément l'éditeur qui à voulu refaire un "Latitudes". Les prochains albums en préparation sortiront dans un format plus classique.

    CG : Kuklos en 2 fois 46 n'aurait pas fonctionné, en 2 fois 54 non plus, en 2 fois 64 encore moins, en 2 fois 78... Je sais pas si on peux faire une suite vu qu'à la fin...achetez le, quoi...


  • Présentez moi un peu Kuklos...

    SR : Une grande histoire d'amour... qui tourne au cauchemar. C'est la vie d'un chef de bande de la pire espèce racontée par lui-même. Une lutte fratricide qui vire au rouge sang.

    CG : C'est l'histoire d'un mec qui aurait mieux fait de faire carrière à la poste.


  • Comment ça se prononce au fait "Kuklos". Y'a que deux k dedans, alors que dans le Ku Klux Klan, y'en a trois, pourquoi? et si oui, comment?

    SR : C'est du grec et ça veut dire "cercle". De kuklos a dérivé Ku Klux. Les partisans (à l'origine des adolescents en quête de sensationnel, bien avant que le général Forest ne le reprenne pour en faire son amicale des gros cons) en ont fait le Clan du Ku Klux. D'où le Ku Klux Klan.

    CG : moi je voulais que le livre s'appelle "K" pour faire référence à mon film préféré de mon réalisateur préféré Alexandre Arcadie avec Patriiiiiiick Bruel dans le rôle titre qui est aussi mon acteur préféré, et puis Sylvain m'a dit "nan! arrête avec cette sombre bouse on va plutôt faire du "Scorcese" et on va mettre 2 K". Sylvain, c'est monsieur "plus".


  • Le KKK, c'est un sujet "délicat", vous aviez des craintes en abordant ce sujet?

    SR : A titre personnel, j'ai eu des craintes à la lecture de ce que j'avais écrit. C'est assez violent, et les dialogues des Klanistes pour le moins explicites. Et comme le sujet principal de l'album parle à la première personne du singulier... Nous en avons parlé à notre directeur de collection qui nous a dit qu'il n'y avait aucune contre-indication à la publication de cet album chez Soleil. Et puis Scorcese a fait parler un mafioso, Ellroy un serial killer. Et bien que je ne soit pas en mesure de me comparer à eux, j'ai fait parler un klaniste. Au vu du résultat final, je n'ai plus la moindre inquiétude.

    CG : Oui on touche quand même à un sujet délicat et parfois écrire "nègre" dans une case me gêne un peu, mais bon il est clair que ce n'est pas une bd partisane, on s'en rend compte assez vite.


  • On peut parler de vos futurs projets, ensemble ou séparément? Des envies de toucher à des styles complètement différents?

    SR : Oh que oui ! Avec Christophe, on s'attaque à trois séries. La première, Le Cirque Aléatoire, dont le premier tome paraîtra à la fin de l'année, est une série d'enquêtes d'un genre un peu spécial. La deuxième est humoristique et raconte la longue quête des plusieurs personnages dans un univers hostile. La troisième est moins avancée mais sera une série de polars noirs. Très noirs. Sans Christophe, j'ai trois autres projets qui sont en cours. Mais tant qu'ils en sont au stade projet, je préfère ne pas en parler plus.

    CG : Ben moi j'ai un bon concept mais Sylvain ne veut pas le faire, donc je profite de cette tribune au cas ou un scénariste à succès passerait par là. Alors voila je me lance, l'idée ce serait 2 types : un gros moche et un petit beau qui auraient un hélicoptère qu'on aurait intelligemment appelé "Supercopter". Il leur arriverait plein de trucs avec des effets spéciaux américains et des femmes gonflées à l'hélium, voilà ce serait une série, je pense même que l'on peut l'adapter pour la télé...y a des kilos d'euros à la clef.


  • Tous chez soleil?

    CG : Et non! Les projets suivants ne peuvent pas s'inscrire dans le catalogue soleil, c'est donc d'un commun accord que nous avons décidé de nous séparer.

    SR : Il y a d'autres projets en préparation qui seraient succeptibles d'intéresser Soleil mais pour celui qui nous intéresse à présent, effectivement ça ne collait pas.


  • Une fois l'album sorti vous allez courir les festivals pour devenir riches et célèbres et vous payer le scooter de vos rêves? Ou vous préférez rester chez vous loin de la rumeur dérisoire du monde?

    SR : Je préfère rester chez moi, riche et célèbre. Et pas en scooter. Plutôt en tondeuse.

    CG : Ouais! notre leitmotiv c'est tout faire pour etre riches et célèbres et manger des choux à la crème tout les jours, se payer des vacances à Dieppe et fumer des cigares à la banane.


  • Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, c'est bien comme fin?

    SR : Essaie de le refiler à Christophe pour son histoire de Supercopter... On sait jamais.

    CG : Heureux oui mais beaucoup d'enfants c'est un peu "has been" comme formule. Je prefere "ils vécurent heureux et eurent beaucoup de stock options".

Merci les garçons


Les cadeaux Bonus:


Images Copyright © Gaultier et Ricard - Soleil 2003

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