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Bluehope - Interview de Thibaut De Rochebrune, Serge Meirinho et Nadine Thomas par Cubik

Interview de Thibaut De Rochebrune (dessinateur) Serge Meirinho (scénariste) et Nadine Thomas (coloriste), à l'occasion de la sortie de "Couleur Charbon", deuxième tome de la série Bluehope, chez Glénat.
Interview réalisée par cubik.

April

Couleur charbon






  • Bonjour. Alors je vois que vous êtes tous passé par des études graphiques, donc déjà,est-ce que la bd était un objectif depuis longtemps pour chacun de vous?

    Serge Meirinho: Bande Dessinée, Images de Synthèses, Dessin animé, Jeu vidéo, tout ça me faisait bien envie, en fait. Pour moi, c'étaient des media qui offraient une grande liberté de création. J'ai depuis eu la chance de travailler dans tous ces domaines, et au final, la BD est le medium dans lequel je me sens le mieux. Il y a beaucoup moins de contraintes qu'ailleurs, et c'est un vrai luxe !

    Thibaud de Rochebrune: Pas tout a fait. En fait je faisais déjà beaucoup de bande dessinée avant le bac. C'était pour moi, un loisir. J'en faisais des pages et des pages, n'importe comment, sans scénario, avec les influences que j'avais sur le moment, tout à fait évidente, film de guerre, Indiana Jones et autres dessins animé japonais. Je faisais des pages en couleur, du crayon de couleur aux écolines, et des pages splendides, construites sur le principe merveilleux de "fais une case, et tu verras comment tu feras la suivante plus tard". C'était très sympa. Pas très construit, ni très qualitatif, mais très sympa. Ceci dit, je n'envisageais absolument pas de faire de la bande dessinée. Je savais que les places étaient chères, et je ne pensais pas avoir assez de volonté et d'entêtement pour me lancer sur cette voie. Mais comme je voulais travailler dans le dessin, et que j'étais fasciné par le dessin animé, au point d'en faire quelques un, très très mauvais également, j'ai suivi cette piste là. C'est ensuite un chemin tortueux qui m'a fait envisager de faire de la bande dessinée de façon professionnelle, et me rendre compte que le dessin animé n'était pas le travail merveilleux que j'imaginais.

    Nadine Thomas: En ce qui me concerne, pas vraiment, non. J' avoue avoir de grandes lacunes car je n'ai pas toujours été fan. Bien sûr comme tous les pré-ados j' ai traversé une période de boulimie de lecture de BD mais sans jamais esperer un jour en faire mon métier. Puis en grandissant le choix d'un métier "sérieux" s'est imposé à moi.
    J'allais être graphiste.




  • Est-ce qu'il était important pour vous de passer par une école?

    S.M. : L'école d'art n'est pas une étape obligatoire, mais elle permet de se confronter à d'autres artistes en herbes, ce qui permet de progresser et de se remettre en question. Les échanges entre étudiants sont vraiment trés formateurs. Par ailleurs, les cours sont plus des "accompagnements créatifs" qu'autre chose. Il faut donc être bien motivé, sinon on est vite largué !

    T.d.R. : Nombre d'auteurs de bande dessinée n'ont jamais mis les pieds dans aucune école de bandes dessinées. Mais le fait d'y passer ne fait pas forcement de mal, ça pousse à se remettre en question dans certain cas, ou à se rendre compte pour les plus talentueux et timides qu'ils sont fin prêt depuis longtemps. Je m'empresse de dire que je suis de la première catégorie! En ce qui me concerne, ça m'a été très bénéfique, et j'y ai passé beaucoup de bon moment, et appris beaucoup de choses... j'avais beaucoup de chemin à faire, et c'est à l'école que j'ai fait le plus gros.

    N.T. : Je n'ai donc pas fait d'école de Bande dessinée mais une école de graphisme, plutôt orientée publicité. Même si cela n'a aucun rapport direct avec la Bande dessinée, ce type d'enseignement a pour avantage de donner de bonnes bases en dessin,composition,couleur... lesquelles bases sont absolument nécessaires à tout dessinateur ou coloriste. Alors oui de mon point de vue le passage par une bonne école d'art, me parait très important. Evidemment il existe des autodidactes hyper talentueux mais ils sont peu nombreux. Pour les autres, l'apprentissage de certaines techniques primordiales passe par l'école.



  • Avec le recul, est-ce que vous conseilleriez ce passage en école à un jeune qui veut se lancer?

    S.M. : Oui, ne serait-ce que pour l'émulation que l'on y trouve. Et il n'est pas nécessaire de payer des sommes astronomiques pour ça...

    T.d.R. : Avec le recul, je lui conseillerai de bien se renseigner sur ce qu'il trouvera dans cette école, auprès d'anciens élèves s'il le faut, pour ne pas être surpris. Une école de bande dessinée, ça n'est pas une école comme les autres. On pourrait parfois dire que ça n'est pas une école du tout, même si on y apprend beaucoup de chose. Je ne regrette pas d'y être passé, hein. Sans ce passage à l'école, je ne ferai pas aujourd'hui auteur de bande dessinée, j'en serai simplement incapable. Avec le recul, je mettrais simplement en garde, mais je ne donnerai pas de conseil! D'ailleurs j'ai déjà eu à le faire !

    N.T. : Encore une fois oui ça aide énormément. Je vois parfois de jeunes auteurs en herbe me présenter des dossiers de mon point de vue inaboutis car comportant des erreurs de dessins, des cadrages maladroits,des associations de couleurs malheureuses. Or ces erreurs sont bien souvent dues à des lacunes techniques. Je leur conseille en général l'observation, l'étude de grands auteurs ou de grands peintres, la lecture de certains ouvrages, mais assimiler seul, avoir du recul sur son travail prend souvent bien plus de temps que de suivre une vrai formation.
    Ceci dit l'apprentissage en école n'exclus en rien la curiosité personnelle, qui seule permet de dépasser ses acquis et de trouver sa propre voie, son propre style, cela va de soi.




  • Mis à part pour Serge, en lisant vos bios, j'ai l'impression que vous êtes arrivé à la bd un peu par hasard, en passant par le dessin animé. C'est le cas?

    S.M. : Ha là, ça va faire rire Thibaud, comme question :) Quoiqu'il en soit, mon parcours n'a pas été en ligne droite : Layout man dans le dessin animé de série, infographiste 3D pour des pub télé, Lead Artist dans le jeu vidéo... Mais ces étapes ont été nécessaires pour murir un peu, et avoir des choses à raconter. De toutes façons, à 30 ans, je ne me considère toujours pas sec derière les oreilles :) Le chemin du scénariste est long pour les petits scarabées...

    T.d.R. : Comme je le disais plus haut, c'est par hasard que j'y suis revenu. Mais j'en faisais énormément même alors que je ne pensais pas en faire un métier, et encore alors que je voulais passer par une école de dessin animé. Lors du concours de cette école, on m'a conseillé de faire une première année de beaux arts, pour étoffer un peu mon dossier qui ne contenait que des pages de bandes dessinées pas fameuses, et quelques rares croquis, après un bac scientifique. J'ai été pris à Angoulême, de justesse. L'été suivant, j'ai eu l'opportunité de travailler dans le dessin animé pendant 3 mois. Et ça m'a ouvert les yeux sur ce qu'était vraiment le travail dans le dessin animé, et fait comprendre que c'était dans la bande dessinée que je trouverais ce que je cherchais. Je suis revenu au dessin animé après l'école, par nécessité, sans cesser d'essayer de me faire éditer.

    N.T. : Oui oui c'est tout à fait ça. J'ai débarqué dans le monde merveilleux de la Bande dessinée lorsque je me suis installée à Angoulême. J'y ai d'abord été graphiste, puis j'ai bossé quelques temps dans le dessin animé. C'est là que j'ai rencontré un vivier d'auteurs qui m' ont transmis leurs passions et m'ont permis de faire mes armes en tant que coloriste.




  • Parmi les 3, Nadine a le plus d'expérience en bd. Est-ce qu'elle dispense ses conseils aux 2 autres?

    S.M. : Disons que je lui fait totalement confiance pour la mise en couleur. Mais son avis sur le scénario est toujours bienvenu ! Il m'arrive fréquement de lui demander conseil, en particulier sur la personnalité d'April Windowill.

    T.d.R. : Assez peu, mais on ne manque pas de lui envoyer les différentes étapes du travail pour avoir son avis. Elle a l'avantage d'avoir un regard avisé et plus extérieur que Serge et moi. Elle est donc a même de dénicher des problèmes qu'on est plus capable de voir.

    N.T. : Houlà! Disons que j' ai surtout dispensé mes conseils lors de l'élaboration du dossier destiné aux éditeurs. Depuis çà c'est plutôt équilibré : si l'un d'entre nous voit quelque chose qui le dérange dans le travail de l'autre il y va de son conseil, que ce soit sur le dessin de Thibaud, sur le scénario de Serge ou sur mes couleurs.



  • Comme je viens de le préciser, c'est Nadine qui a le plus d'expérience des 3 dans le monde de la bd. Et je viens de me rendre compte aussi qu'elle est la plus jeune >) Alors les mecs? Total respect ou fierté blessée et bizutage en vue (voire déjà fait)? >)

    T.d.R. : Elle peut pas nous bizuter, on est plus costaud qu'elle! Honnêtement, nos rapports à tous les trois ne se sont jamais posés en terme de compétition. On est avant tout des amis, et c'est comme ça que tout s'est fait. Mais le fait que Nadine ait été du projet nous a beaucoup aidé pour qu'il soit accepté. Ceci étant dit, Total respect bien sur! On lui dit "Vous" quand on lui parle, et on lui tient la porte!

    S.M. : Heu... bizutage ? le truc avec de la farine et des oeufs ? Nan merci, je tiens à ce que Nadine nous supporte encore un peu :)




  • Vous savez dessiner tous les 3 (enfin normalement). Est-ce que le dessin résulte d'une forme de travail à 3? Je ne parle pas de dessiner tous les 3, mais vous pouvez vous filer des coups de pattes, des conseils...

    T.d.R. : Disons que Nadine et Serge sont les premiers lecteurs des pages, et ceux qui débusquent les problèmes narratifs d'abord, puis les problèmes de dessins ensuite, et j'ai besoin de leur avis, car certaines erreurs m'échappent, ou ne me semblent pas importantes. A ce titre là, oui. Et il est arrivé aussi que Serge m'illustre par un dessin une recherche de perso (dans le tome 3 notamment) qui m'aide a retrouver mon chemin. Mais en général, Nadine et Serge interviennent à ce stade essentiellement comme oeil avisé, correcteurs.

    S.M. : Trés rarement, quand Thibaud bute vraiment sur une difficulté, je fais un ou deux croquis. Mais je préfère éviter, ce n'est pas mon rôle, et en plus, je suis infoutu de dessiner aussi réaliste que Thibaud !

    N.T. : Même si je sais vaguement dessiner, j' estime que c'est avant tout la spécialité de Thibaud. Mes remarques sont donc celles que pourraient faire le lecteur lambda, elles concernent parfois les problèmes de narration, mais le plus souvent des points de détail dans le dessin.




  • Thibaud, est-ce que le fait de travailler avec des graphistes t'a fait progresser au niveau dessin, même s'ils ont chacun une tache définie sur l'album qui ne concerne pas le dessin?

    T.d.R. : Non, pas particulièrement. Comme je disais au dessus, le fait de travailler avec Nadine et Serge permet d'avoir un oeil avisé pour critiquer certaines choses, et donc essayer de les améliorer. Mais j'ai un sens critique un peu surdéveloppé, et ils ont plus souvent tendance à me dire d'arrêter de me prendre la tête! :)




  • Serge, tu as fait des études graphiques. Comment es-tu arrivé au scénario?

    S.M. : Ma motivation première a toujours été de raconter des histoires en images. La bande dessinée est le medium dans lequel je me sens le plus à l'aise car ma narration s'appuie beaucoup sur l'image, de par ma formation initiale. D'ailleurs, ça doit pas être évident pour un écrivain pur de s'approprier le language narratif visuel de la bande dessinée ! Comme j'aime bosser sur plusieurs projets à la fois, je suis arrivé naturellement au scénario, où il est tout à fait possible de mener de front différentes séries.
    Il faut bien l'admettre aussi: je suis un dessinateur besogneux ^^;



  • T'as pas eu envie de te lancer tout seul puisque tu dessines aussi?

    S.M. : Je me suis atelé il y a quelques années, avant Bluehope, à un projet que je dessinais et qui a été refusé. Je me suis alors concentré sur ce que je préférais faire: écrire ! Mais ne pas dessiner n'est pas une frustration pour moi, car collaborer avec différents dessinateurs me permet d'inventer des histoires plus librement que si je devais les dessiner.
    Du coup, j'ai encore moins de contraintes, et j'ai le sentiment d'avoir fait le bon choix.



  • Nadine, tu colorises pas mal de séries maintenant. Tu n'as pas envie de dessiner également? Est-ce que ton métier de coloriste t'en laisse le temps?

    N.T. : C'est effectivement un vieux rêve que j'ai laissé longtemps de côté au profit de la couleur. J'y reviendrais sans doute un jour mais j'ai bien conscience de l'investissement que cela nécessiterait et c'est vrai qu'aujourd'hui mon travail de coloriste me prend beaucoup de temps. Donc oui j' y pense mais ce n'est pas encore pour tout de suite !




  • Vous regrettez le dessin animé?

    S.M. : En tant que layout man (dessin des décors), pas vraiment. En tant que scénariste, l'exercice me plairait assez, en fait.

    T.d.R. : Je regrette parfois l'ambiance de travail, avec les copains, ou les salaires avantageux, quoique aujourd'hui, il n'y ait plus lieu de regretter ces derniers. Mais je ne regrette pas une seconde d'avoir quitté le dessin animé pour la bande dessinée. Je suis même un peu fier, allez! :)

    N.T. : Oui pour le salaire !!!! Et parfois pour l'ambiance, plutôt détendue à l'époque où je fréquentais le milieu. Maintenant c'est vrai que la bande dessinée permet une certaine forme de liberté (au niveau gestion du temps, créativité) absente dans le dessin animé plus proche du monde de l'entreprise.



  • Je vois dans vos influences à tous les 3 un intérêt particulier pour la science-fiction ou le fantastique. Or, pour l'instant en tout cas, Bluehope n'est pas du tout dans ce registre. C'est une fausse piste et ça va le devenir ou vous n'aviez pas l'intention de vous lancer dans ce domaine pour l'instant?

    T.d.R. : Serge en parlera mieux que moi, et le tome 2 va venir étayer ses dires!

    S.M. : La réponse est en germe dans le tome 2 (qui sort le 17 juin) ! Bluehope n'est pas un réçit historique, et ce, depuis le début. En fait, le tome 1 amorce l'histoire d'un point de vue trés classique pour mieux créer la surprise par la suite. Quoiqu'il en soit, le ton est résolument "réaliste", ce qui veut dire qu'il n'y aura ni extra-terrestres, ni vampires, ni vaisseaux spaciaux... :)



  • Idem pour vos influences, on voit passer pas mal d'américains et de japonais et au final, Bluehope est très européen? Vous ne vouliez pas vous laisser trop influencer pour votre premier album ensemble?

    S.M. : En ce qui concerne le scénario, il est construit autour de 4 tomes de 46 pages, ce qui est un découpage franco-belge classique. A partir de là, le rythme du réçit ne peut pas vraiment évoquer les comics ou les mangas qui sont développés sur un nombre de pages beaucoup plus conséquent, avec moins de cases par pages. Dans Bluehope, nous avons en moyenne 9 cases par page, dans les comics ou les mangas, c'est plutôt 6. Le format de la BD à l'européenne induit donc pas mal de choix.

    T.d.R. : Non, je ne crois pas qu'on ait eu la moindre volonté de ce coté là. On a cherché à raconter au mieux de nos possibilités, dans le format qui nous était imposé par l'album. Le format influence la mise en page, et le rythme de l'album. Pour le dessin, c'est un peu pareil. Mais je crois qu'on peut y trouver parfois nos influences. Peu pour l'instant, ça viendra un peu plus nettement avec le second tome. Pas dans le découpages, ou le dessin, mais plus dans l'ambiance, les personnages, ou même l'histoire. De toute manière, on ne se réclame pas d'un auteur, ou d'un style. La lecture d'auteurs dont j'admire le dessin laisse forcement des traces, qui se retrouveront dans mon dessin un jour ou l'autre. Mais je ne veux pas savoir au moment où je dessine si je suis en train de suivre la piste d'un tel ou d'un autre. J'ai bien assez a penser à rechercher comment donner le mouvement que je désire au personnage, l'expression...
    Je tache de trouver mon propre vocabulaire... sans prétention ou illusion aucune. J'emprunte forcement a mes diverse influences le vocabulaire narratif que j'utilise, mais je fais ma propre bande dessinée, et je n'ai pas envie de savoir d'ou vient quoi. D'ailleurs, si une influence devenait trop évidente, j'aurai plutôt tendance à vouloir m'en éloigner.

    N.T. : En ce qui me concerne les influences sont toujours présentes en arrière-plan (un petit Miyazaki quand je coince sur une ambiance et ça repart) mais j'essaie de faire en sorte qu'elles ne soient pas trop évidentes. Disons que j'arrange à ma sauce les trouvailles des autres !!! Tout simplement parce que moi-même en tant que lectrice je n'aime pas sentir chez un auteur l'influence évidente d'un autre sans qu'il y apporte sa propre sensibilité.



  • Vous êtes apparemment des lecteurs de bd tous les 3. Vous n'avez pas peur de vous faire influencer en plein album?

    T.d.R. : Non. On sait très bien qu'on est influencé. C'est inévitable. A la limite, lire nous permet d'identifier plus clairement par qui! Mais c'est aussi indispensable. Ça permet d'intégrer des solutions narratives auxquelles on aurait pas pensé, de remettre en question sa façon de faire, et donc de continuer à progresser.
    Et puis on va pas bouder notre plaisir quand même!

    S.M. : Pas plus que de se faire influencer par les romans, la musique, le ciné... tout le monde a des influences, le tout est d'arriver à les digérer et de trouver un ton. Ce qui n'est pas facile facile, hein...

    N.T. : Dans mon cas pas vraiment non. Une fois lancée sur un album je ne remets plus en question ma technique. Par contre au démarrage c'est autre chose. C'est le moment des questionnements, du doute, et par conséquent celui où on va frénétiquement chercher chez d'autres les réponses aux problèmes que l'on se pose.



  • Un peu avant Bluehope (il me semble) était sorti la Ligue des Gentlemen Extraordinaires qui se passe également au début du siècle, est un thriller un peu fantastique et où il y a également un vaisseau fabuleux (le Nautilus). C'est une influence?

    T.d.R. : Honnêtement, non, je n'ai pas lu la ligue des gentlemen extraordinaires, pas encore en tout cas. L'univers de référence pour les navires étranges, et autres machines, c'est plutôt entre Jules verne et Miyazaki. Pour la ville d'Hampletown elle même, ça dépends des scènes. Ça va des films anglais se passant à l'époque victorienne aux peintres du 19eme siècles, en passant par les bons vieux westerns.

    S.M. : Pour ma part, j'ai lu "La ligue" (avec grand plaisir) bien aprés avoir mis en place le scénario de Bluehope, en cours de tome 1. Mais les influences de "Bluehope" viennent plutôt de l'esprit feuilletonnant des "Habits Noirs" de Paul Féval et de "Porco Rosso" de Miyazaki.
    Quoiqu'il en soit, "La ligue" est une vrai réussite !




  • J'ai trouvé le premier album assez dense, plein d'action, contrairement à beaucoup de premiers albums actuellement qui sont souvent très présentatifs. C'est un reste du dessin animé où il faut être tout de suite dans le rythme?

    S.M. : C'est peut être là qu'on voit davantage nos influences américaines ou japonaises ? La notion de rythme est trés importante, elle participe au ton donné à la série. Dés le début, nous voulions une grande part d'action dans Bluehope qui trancherait avec le coté purement intellectuel que l'on trouve souvent dans les réçits situés au 19ème.
    Le tome 2 ne devrait pas démentir cette volonté ! Quoiqu'il en soit, c'est aussi un casse tête, car le réçit est dense, et les scènes d'action sont gourmandes en pages. Il faut arriver à concillier les deux, et à faire en sorte que les scènes d'actions fassent elles aussi avancer le réçit.
    Le Tome 3 sera d'ailleurs plus introspectif, mais le Tome 4 devrait se terminer sur les chapeaux de roues !

    T.d.R. : C'est l'envie de construire un album équilibré. On voulait effectivement que l'histoire démarre de suite, qu'elle soit vivante, trépidante. Mais le tome 1 nous a fais prendre conscience qu'un tel équilibre se construit avec beaucoup de difficulté. On a fait des erreurs de rythme dans le tome 1 sur ce plan, qu'on a taché d'éviter dans le tome 2, et dans le 2, d'autres qu'on essayera de ne pas réitérer dans le tome 3. On apprend! Mais ravi que le tome 1 vous ait plu!



  • Nadine, As-tu participé à l'élaboration du monde de Bluehope aussi bien au niveau de l'histoire qu'au niveau graphique?

    N.T. : Pour ce qui est de l'histoire, j'ai plutôt un rôle de re-lectrice. Je lis systématiquement scénario, synopsis et découpage écrit, à l'affût des incohérences. J'ai aussi un petit rôle de consultante lorsque Serge "bloque" sur un problème, bien souvent le fait d'en discuter et de mettre les choses à plat lui suffisent à trouver une solution. De même, j'apporte parfois un regard féminin utile à l'élaboration des personnalités des héroïnes de Bluehope. Maintenant l'univers et l'intrigue sont totalement issus de l'imagination de Serge et Thibaud, je n' ai rien à voir la dedans.
    D'un point de vue graphique, Thibaud me laissant une certaine liberté au niveau du choix des ambiances, il est vrai que je peux apporter aux planches mon propre regard sur le récit. J'essaie de faire passer au lecteur l'atmosphère qui me vient à l'esprit à la lecture des planches en noir et blanc. Au final mon influence sur le monde de Bluehope est de l'ordre de l'atmosphère et des sensations.




  • Thibaud, est-ce que tu te permets d'essayer des trucs, graphiquement, sur une histoire aussi dense?

    T.d.R. : Bien sur! Sinon ce serait ennuyeux! Mais j'essaie des choses n'étant pas de nature à détériorer la lisibilité des pages. Il y a de grande ligne de "recherche". Sur le tome 1, j'étais très concentré sur la narration, chercher à la rendre plus dynamique, plus évidente. Sur le second tome, je me suis concentré sur les visages, essayer de mieux travailler les expressions, de différencier plus les personnages. Ensuite, c'est un peu selon les scènes. Mais je n'ai pas encore vraiment essayé des graphismes fondamentalement différents. Je veux d'abord éprouver mon dessin avant de tenter des graphismes différents.



  • Quand Thibaud parle de ne plus réitérer les erreurs de rythme du premier tome, ça veut dire que vous nous ferait plus le coup de la fin un peu rude pour les nerfs? >)

    T.d.R. : Haha, non, c'est pas ça que ça veut dire, ça veut dire qu'on ne le fera plus de façon aussi méchante! :) Mais je vais plutôt laisser Serge en parler.

    S.M. : C'est une effectivement une question de rythme. Le dernier tiers du Tome 1 est une grosse scène d'action qui fait une rupture avec les pages du début et se termine par un cliffhanger. Notre volonté était d'accélérer la narration, de montrer que nos héros sont pris malgrés eux dans une succession d'actes qui rend leur retour en arrière impossible. Mais les rythmes des tomes 2, 3 et 4 seront trés différent, et l'expérience aidant, on les espère plus aboutis. Cependant, chaque fin d'album se termine par une révélation qui doit être aussi surprenante que possible. C'est le principe des feuilletons du 19eme, l'époque contemporaine de Bluehope, et c'est cet esprit qu'on essaie de retrouver.





  • Vous avez annoncé d'entrée qu'il y aurait 4 tomes. C'était parce que votre découpage de l'histoire était déjà suffisament précis ou pour vous donner une contrainte qui vous impose de rester concis?

    S.M. : En fait, au tout début, on pensait que cette histoire pourrait tenir en 3 tomes. Mais on s'est très vite aperçus que la densité du réçit nous aurait imposé un rythme de narration trop rapide, avec peu de place pour les scènes d'action. J'ai donc redécoupé l'histoire en 4 tomes à la moitié du tome 1, et l'équipe Glénat nous a donné son feu vert.
    Depuis, ça n'a pas bougé, nous avons trouvé un équilibre où nous sommes à l'aise. Thibaud aura bientôt finit les 10 premières pages du Tome 3 !

    T.d.R. : Le nombre d'album était pour nous de 4 quasiment dès le début. On hésitait un peu entre 3 et 4 au tout début, mais le quatrième tome s'est imposé très rapidement. Lors de la sortie du tome 1, Glénat nous a demandé de préciser le nombre de tome. C'est il me semble une bonne chose. ça permet au lecteur, et à nous, de savoir ou on va.



  • Nadine, les couleurs sur Bluehope sont réalisées à l'ordi. Ca ne se voit pas, du moins à mon avis. C'était pour des raisons pratiques, puisque tu colorises également d'autres séries? Ou il y avait également un défi à montrer qu'un ordi bien utilisé peut être aussi efficace que des outils traditionnels?

    N.T. : En fait dès le départ j'ai eu le sentiment qu'une couleur informatique trop lisse ne collerait ni avec l'univers victorien du récit, ni avec le dessin de Thibaud. Je voulais à tout prix éviter une certaine "froideur" inhérente à cette technique. Mais ma motivation n'a jamais été de bluffer le lecteur, de toute façon un oeil exercé remarque très vite qu' il s agit de couleurs réalisées à l'ordi. Par contre, en voyant le travail d' autres auteurs j'ai vite été convaincue que cet outil en valait bien un traditionnel, le côté pratique en plus.




  • Il est encore assez rare de voir cité le ou la coloriste sur la couverture des albums. C'était une évidence dès le départ pour vous?

    T.d.R. : Nadine était présente dès le départ du projet. Les couleurs de l'album ne sont pas les couleurs que j'aurais fait, ou que Serge aurait fait (si tant est que nous en ayons été capable). Au même titre que Bluehope sans le scénario de Serge ou sans mon dessin ne serai pas Bluehope, Bluehope sans les couleurs de Nadine ne serait pas Bluehope. Ça pourrait porter le même nom, mais ça ne serait pas le même album. Chacun de nous a usé de sa liberté de choix à son niveau pour faire une interprétation personnelle. On y a tous mis notre patte. On doit donc être tous les trois cités sur la couverture, il n'y a pas a réfléchir au delà.
    En tout cas, c'est ma conviction. Ça fait parfois débat, mais c'était pour moi une évidence.

    S.M. : Oui, grâce aux progrès d'impression (pas encore 100 % fiables, malheureusement), la couleur a changé de registre: les coloristes peuvent maintenant être partie prenante du look visuel et de la narration d'une série. Comme c'est le cas pour Nadine, pourquoi ne serait-elle pas sur la couverture ? Je trouve fonçièrement injustifiée la seule mention du coloriste en dernière page d'un album, à moins que la couleur ne soit un simple travail d'exécution, ce qui devient de plus en plus rare.
    En fait, c'est le statut juridique du coloriste qui est un peu bancal, et c'est en général ce qui pose problème...

    N.T. : Pas mieux.Merci les gars !




  • Je me souviens que pour le choix du sujet, enfin de l'environnement de la bd, c'est Thibaud qui a suggéré le monde marin. Je vois aussi sur le site Bluehope que Serge adapte ses dialogues en fonction des dessins et pas l'inverse. Y a-t-il une tyrannie du dessinateur dans l'univers Bluehope? >)

    S.M. : Hahaha! Thibaud le Tyran, ça le fait, non ? :) Bon, plus sérieusement, c'est une collaboration entre deux amis de longue date, il est donc naturel que chacun ait mis un peu de son univers dans le projet. Thibaud voulait dessiner des bateaux, j'avais envie d'une enquête à tiroir et d'un héros ambigüe; Thibaud aime les réçits réalistes et bien documentés, je voulais une ville imaginaire et un soupçon de S-F. Chacun a respecté les envies de l'autre, je pense que c'est la base de tout projet !
    En ce qui concerne les dialogues, Thibaud respecte au maximum mes découpages écrits, mes intentions et les sentiments qui doivent passer dans chaque scène. Mais bien souvent, il arrive à traduire par le dessin des éléments qui à la base étaient contenus exclusivement dans les dialogues. Comme il est inutile de répéter deux fois la même chose, dans ce cas là, je retouche les dialogues. J'ai une règle de conduite assez simple: tout ce qui peut passer par l'image DOIT passer par l'image. ça permet de rendre la lecture plus fluide sans pour autant sacrifier des informations.

    T.d.R. : Haha, je suis un vampire assoiffé de sang! Un tortionnaire, un tyran qui écrase toute volonté créatrice de mon scénariste!!! yék yék yék...euh, non? Ha bon :)
    Il ne faut pas confondre l'univers et le sujet. J'ai effectivement proposé l'univers, les navires, l'époque. Mais je n'ai absolument pas proposé de sujet à serge, ou d'intrigue. Bluehope, c'est son histoire, pas la mienne!
    Je n'aurai jamais été capable de raconter Bluehope. Je ne sais pas d'ailleurs si je saurai être scénariste un jour! J'ai des envies, des idées, mais de là à passer à la réalisation...
    Si Serge adapte parfois ses dialogues à ma mise en scène, c'est que nous avons chacun notre façon d'envisager la mise en scène, et qu'il y a parfois redondance entre l'action et le dialogue. Mais ma mise en scène et aussi remise en question. On s'adapte l'un à l'autre, c'est un travail de collaboration.




  • Serge, Tu dis que quand c'est possible, tout doit passer par le dessin. Ce n'est pas envisageable qu'il y ait aussi de la compréhension par le texte, ou de l'amplification du dialogue par l'image et non l'inverse? (l'art invisible, page 160) C'est une déformation professionnelle de graphiste?

    S.M. : Amplification, précision, opposition, ..., tout ça est possible, bien sur ! Le tout est qu'il n'y ait pas répétition (à moins que cela ait un effet comique). C'est parce que la bande dessinée est un art narratif visuel, qu'il est sain, je pense, de privilégier l'image quand le besoin se fait sentir. Mais ça n'arrive pas non plus trés souvent: je ne sacrifie pas volontiers des lignes de dialogue, loin de là !




  • Thibaud, comme tu dis, tu as des envies et des idées. Dans Bluehope, tes envies se sont exprimés dans l'univers. Est-ce que tu as apportés des idées aussi?

    T.d.R. : Au début oui, un peu. Dans la mesure ou Serge a construit son intrigue au fur et à mesure de discussions que nous avions. Mais c'est plutôt sur de petites choses. Je jouais le rôle du critique, à l'affût de la moindre contradiction, et parfois, je proposais une solution au problème. Que Serge choisissait de retenir ou pas selon ce qu'il désirait raconter. Mais je ne suis plus intervenu ensuite, si ce n'est pour des histoires de mise en scène, ce qui correspond à ma partie du travail.




  • Bluehope est une bd décentralisée dans le sens où vous ne vivez pas tous dans le même coin. Comment arrivez-vous à compenser la distance? Par exemple, quand une scène ne fonctionne pas dans le découpage et il serait plus simple de montrer directement ce qu'on veut dire, comment vous vous en sortez?

    S.M. : C'est là qu'intervient la magie de l'internet. Sans cet outil, je pense que la collaboration serait vraiment difficile. On communique beaucoup par mail ou par site FTP, et quand ça ne suffit pas, on fait exploser notre facture de téléphone ! La difficulté étant d'être compris, mais à force de travailler ensemble, on commence à bien se connaitre, et il devient rare qu'on bute vraiment sur un problème.

    T.d.R. : On montre directement ce qu'on veut dire! :) Internet, c'est devenu notre moyen de communication indispensable. Toutes les étapes du travail de la page passent par internet. Les pages écrites de Serge, mes pré-découpages, les retours de Serge et Nadine, les rough, etc etc... Et pour les discussions en direct, parce que parfois, un message Internet, c'est équivoque, il y a le téléphone. Finalement, on ne se voit pas très souvent, mais on est en communication presque tous les jours.



  • Qui s'est chargé du site web?

    T.d.R. : C'est Sergio tropbalaiseavecinternet Meirinho!

    S.M. : Héééé oui, c'est le scénariste ! En fait, ça me prend pas mal de temps, et du coup je ne pense pas réaliser de nouveaux sites pour les autres séries que je scénarise. S'il y a des webmasters volontaires... Mais je me suis bien amusé, et c'est vraiment un plus de pouvoir communiquer simplement avec les lecteurs par ce medium. Quoiqu'il en soit, nous ferons vivre le site de Bluehope aussi longtemps qu'il yaura du passage !





  • Sinon, question spéciale pour Serge: Quand on regarde sur le site, on a l'impression que Thibaud est en dédicace tous les week-end. Tu n'as pas envie de le rejoindre plus souvent ou les dédicaces t'emmerdent? >)

    T.d.R. : Hahahaha, c'est vrai qu'il faudrait peut être que j'apprenne à dire non, mais bon 2 fois par mois, ça va :)

    S.M. : Haaaaa, je l'attendais, cette question ! Elle est heureusement facultative, mais voilà une réponse rien que pour toi ^^ Comme tu le sais, les salons invitent en priorité les dessinateurs car ce sont eux qui font les plus jolies dédicaces :) Les petits salons ont rarement le budget pour inviter dessinateur ET scénariste, il n'est donc pas étonnant que ce soit Thibaud qui voyage tous les week-ends. Quoiqu'il en soit, c'est aussi important pour un scénariste de se rendre en festival, parce qu'on y fait de chouettes rencontres, que ce soit avec les organisateurs, le public ou des futurs collaborateurs. Pour l'instant, je travaille presque exclusivement avec des dessinateurs qui vivent dans ma région. J'éprouve donc moins le besoin de silloner la france tous les week-ends, et je privilégie plutôt les gros festivals comme Angoulême ou Sierre. Mais ça commence à me titiller ! Si je pouvais être invité en festival en Espagne ou en Italie pour rencontrer plein de super dessinateurs, je serais bien content ! Voili voila !



  • Depuis le premier tome de Bluehope, il y a eu pas mal de nouvelles séries maritimes et/ou début de siècle. Vous avez l'impression d'avoir initié une mode?

    T.d.R. : Houlà, ce serait avoir une très haute idée de notre travail que de penser que deux jeunes auteurs, fraîchement sortis du pot d'encre puissent initier une mode en seulement un an! C'est une palme qu'il faut remettre à d'autres! Parfois, il y a comme une convergence, comme si d'un coup tout le monde s'intéressait à une période, sans qu'on comprenne pourquoi. C'est très certainement ce qui se passe dans le cas présent. Un ensemble d'influences communes et un univers imaginaire commun, peut donner des histoires proches les unes des autres. Je ne pense pas qu'il faille cherché plus loin.

    S.M. : Je n'ai pas grand chose à rajouter à ce qu'à dit Thibaud, c'est avant tout un concours de circonstances qui nous échappe un peu, je crois.




  • J'ai vu aujourd'hui (NDR: 17/06/2003) que le tome 2 est en librairie. Est-ce que l'excitation (et/ou l'anxiété) est la même pour un second tome? Comme vous avez sans doute corrigé des choses par rapport au premier, êtes-vous plus fiers du 2ème?

    T.d.R. : L'excitation et l'anxiété (surtout l'anxiété!) sont bien plus fortes pour la sortie du 2. La sortie du tome 1, je l'ai vécu avec une impression d'irréalité. Il a fallut que j'aille le dédicacer à plusieurs séances, que j'aie à en parler, pour que cela devienne vraiment concret. J'ai eu du mal à me rendre compte qu'il s'agissait d'une "vraie" bd. Parce qu'après tout, quoi, c'est moi qui l'ai dessiné, alors... :)
    Je précise quand même, ce n'était pas que j'étais inconscient du fait que des gens allait lire Bluehope, et que des commentaires me reviendraient, mais plutôt que tout ça n'était pas très concret. Ca l'est bien plus pour la sortie du tome 2, et c'est donc très concrètement que j'attends les retours. Je suis donc très nettement plus stressé cette fois!
    Mais bon, je me soigne en avançant sur le tome 3. Les 10 premières pages seront faites d'ici la fin du mois de Juin, et le fait d'avancer dessus m'oblige a me détacher du tome 2.

    S.M. : Comme Thibaud, j'attend avec impatience les retours sur le tome 2, mais je suis tellement plongé dans le tome 3 que je n'ai pas trop le temps de stresser ! Ca ne m'empèchera pourtant pas de guetter les critiques des lecteurs qui sont essentielles quand on fait ce métier.
    Le tome 2 ne nous appartient plus... on a plus qu'à croiser les doigts en espérant qu'il plaira !




  • Vous avez déjà des projets post-Bluehope?

    T.d.R. : Des idées, pas bien précise encore. Mais on commence à y réfléchir de plus en plus sérieusement.

    S.M. : Oui, mais il faut du travail et de la patience pour que tout ça se concrétise !
    Quoiqu'il en soit, j'ai signé une autre série chez Glénat, collection graphica, avec Anton au dessin (qui vient du jeu vidéo) et Nadine à la couleur. ça s'appelle MIKI et ça sortira début 2004. C'est l'histoire d'une jeune femme confrontée à la matérialisation de son inconscient, de ses rêves, et de ses cauchemars... J'ai également un projet avec Shong Yong d'une série de Science Fantasy typée manga qui s'appelle "No Way Back", une modernisation du mythe de Pandore avec Chistophe Marchetti au dessin qui s'appelle "Pandora's Bazaar", un projet jeunesse "Pen & Ata", avec Kiwi qui vient de l'illustration presse... et d'autres dont il est encore trop tôt pour parler !



  • Merci à vous.

    Interview réalisée par mail entre le 09/06/2003 et le 18/06/2003

Pour en savoir plus:


Images Copyright © De Rochebrune - Meirinho - Thomas - Glénat 2003

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