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© Dupuis

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Jolies Ténèbres
ScénarioVehlmann Fabien | Pommepuy Marie
DessinKerascoët
Année2009
EditeurDupuis
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

Dans les champs, au printemps, une fillette gît, inerte. Est-elle morte ? Qui l'a tuée ? On n'en saura pas plus.

De ci, de là, une minuscule communauté surgit, comme échappée de contes de fées : Aurore, mais aussi l'Orgueilleuse, la Régressive, l'Aventurière, le Prince m'as-tu vu...

Les saisons passent et Aurore, la presque princesse, s'agite toujours pour son petit monde, qu'elle voudrait merveilleux, pour accorder cette improbable assemblée à la nature et aux bêtes qui les entourent. Jusqu'à ce jour d'hiver, où elle devra faire face à un choix amer...

 

2 avis

rohagus
Imaginez une petite fille morte, son corps d'écolière oublié et gisant au cœur d'une forêt. Imaginez alors que tous les petits personnages qui peuplaient son esprit et son imaginaire s'en échappent, fées, ballerines, poupées et autres princesses. Tout ce petit monde, insouciant et désemparé, va alors tenter de vivre autour, voire à l'intérieur, du cadavre bientôt en décomposition. Tout un petit peuple de conte de fées côtoyant la mort et la pourriture, voilà qui entame le récit sur une note bien morbide et étonnante.
Mais ce n'est là que le début d'une fable largement plus cruelle.

Sa Majesté des mouches est enfoncée. Jolies ténèbres fait exploser la douceur et l'insouciance des rêves d'enfant, de petites filles, pour afficher la dureté de la réalité et plus encore la cruauté des personnages enfantins.
Car bien rapidement, la vie de cette communauté de petits personnages va se transformer en véritable jeu de massacre. La naïveté va être la première cause des disparitions, dans cet univers naturel où les dangers et les prédateurs rôdent un peu partout. Mais ce seront surtout les comportements de chacun d'entre eux qui vont entrainer les pires atrocités. Égoïsme, inconscience, orgueil, méchanceté, fainéantise, régression, peur, manque d'assurance...

Sous des aspects enfantins, ce récit est incroyablement dur. Les morts sont plus cruelles et horribles les unes que les autres, d'autant plus marquantes qu'elle se masquent sous des allures d'amusement d'enfants, de recherche de nourriture ou de découvertes insouciantes et souriantes de la nature environnante. Certains petits personnages, aux traits de princesses ou de gentils garçons, se révèlent de véritables monstres. C'en est parfois à vous retourner le cœur. Le pire étant l'indifférence souriante de ces personnages qui voient mourir leurs comparses dans d'atroces situations sans réagir.

Le graphisme joue précisément la carte du contraste entre un style simplifié, assez enfantin, servi par de très jolies couleurs, comparé à l'horreur de ce qu'il raconte. Je regrette cependant le manque de détail du trait des Kerascoët sur la majorité des pages. Seuls les décors sont joliment ouvragés et peints. Ils prouvent pourtant dans une double page de cet album qu'ils sont capables d'un style nettement plus soigné et réaliste.

La narration est parfaitement orchestrée. Elle se déroule avec une fausse insouciance enfantine. Le récit est dense et l'album très conséquent. Les auteurs ont su savamment doser la progression dans l'horreur, par touches de plus en plus saisissantes pour les lecteurs. Cela frise l'accumulation sans jamais l'atteindre pour de bon. Et tandis que les émotions se font de plus en plus noires, la fin vient donner le coup de grâce vengeur attendu depuis de nombreuses pages.

Voilà une œuvre vraiment très forte. Elle est puissante par son contraste entre horreur et imaginaire enfantin. Elle est belle et très dérangeante à la fois. Une lecture marquante, suffisamment saisissante pour pouvoir créer soit un rejet soit un envoûtement total. Un vrai coup au ventre en ce qui me concerne et un album possiblement culte.
Vive recommandation de ma part mais sachez que vous risquez de ne pas en sortir indemne.
ingweil
Le monde des enfants est un univers cruel, voilà ce qui saute à l'esprit quand on lit cette BD. Imaginez toutes les moqueries, tous les coups bas, les mesquineries, les ostracisations que l'on peut voir dans une cour de récré, regroupés dans un univers où la mort, la vraie, est omniprésente. Voilà le pari de Vehlmann et des Kerascoët.

Le propos est ici saisissant, et on se souvient longtemps de cette imagerie enfantine associée à des événements dont la violence est quasi insoutenable. La force de cet album réside dans le choix de la démonstration, dans cette idée que l'on peut affronter ses vieilles (ou récentes) peurs d'enfant et en ressortir vivant.

On renoue ici avec la tradition du conte de fée qui met en scène les univers auxquels les enfants adhèrent (leur imaginaire, comme leurs rêves/cauchemars sont toujours extrêmement violents), et non pas la recherche de l'édulcoration de la violence à laquelle on peut assister aujourd'hui à travers les adaptations des contes de fée (que l'on relise à ce sujet la version de Perrault du Petit Chaperon Rouge, on sera certainement surpris de la fin du conte...). Difficile cependant de promouvoir la lecture de cet ouvrage à n'importe quel âge, mais quel délice de replonger dans les affres de son enfance et de jouer à se faire peur en concrétisant ses vieilles angoisses.
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