C'est les premières choses que j'ai sorties de la valise, en arrivant : la bouteille Tour Eiffel avec les sels de bain, l'ardoise et les craies, le livre de coloriage, le guide du routard, le making-of de "la bête", les autres cadeaux... et puis, le livre d'or.
Lui, je ne l'ai pas ouvert. Je l'ai juste posé sur une étagère de la bibliothèque, délicatement. Peut-être que c'était trop tôt. Un peu comme le dernier chocolat de la boite : une fois mangé, il ne restera plus rien...

J'ai attendu un bon mois. Un soir, c'est venu tout simplement... je l'ai pris, je me suis assise sur le canapé, et j'ai commencé à croquer dedans. Il avait bon goût, ce chocolat. Une bande de chocolatiers un peu fous y avaient mis chacun leur grain de... de ce qu'ils avaient sous la main.
Résultat, ça donnait une saveur assez spéciale, changeante, passant du tout doux à l'épicé qui l'est juste assez pour faire venir les larmes aux yeux. Il y avait mille autres goûts dans ce chocolat de rien du tout, qui venaient et s'en allaient au détour des papilles... c'était impressionnant qu'il ait pu contenir tant de choses...

J'ai refermé la boite, et l'ai reposée sur l'étagère. Elle a quelque chose de magique, cette boite.
Je sais que si demain je l'ouvre,
il y aura de nouveau
un dernier chocolat...